Le Parti socialiste s’était saisi de la promesse de suspendre la réforme des retraites pour sauver Lecornu et son gouvernement en refusant de s’associer aux motions de censure. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, avait appelé à « se focaliser sur la victoire importante qu’est la suspension de la réforme des retraites », se réjouissant que « la réforme Borne soit, de fait, enterrée ». Pour ne pas être en reste, les organisations syndicales avaient fait de même, la CFDT, la CGT, FO, FSU, Solidaires et l’Unsa saluant dans un communiqué « la suspension de la réforme des retraites », « première avancée » selon eux « après de longs mois de mobilisations dans l’unité ». Mais Macron vient de doucher ce bel enthousiasme. Dans une déclaration faite de Slovénie, où il est en déplacement, il a affirmé qu’il n’y aurait « ni abrogation, ni suspension » de la réforme des retraites mais un simple « décalage ». Alors le PS s’est-il fait rouler dans la farine ? Pas vraiment. Les dirigeants socialistes ne pouvaient ignorer que Macron maintiendrait la réforme coûte que coûte. Mais ils devaient faire accepter à leurs supporters leur ralliement à Lecornu. D’où la fameuse suspension. Ils ont tenu à démontrer une fois de plus aux yeux de la classe politique qu’ils représentaient un parti « responsable »… à l’égard de la bourgeoisie.