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Conseil de la Paix : le droit international, c’est le droit du plus fort !

Le Conseil de la Paix, initialement annoncé par Trump pour superviser l’accord de paix à Gaza et la reconstruction du territoire, a été lancé en grande pompe par le président des États-Unis qui en a signé la « charte » lors du forum de Davos le 22 janvier dernier.

Initialement, ce conseil devait superviser l’application du plan de Paix pour Gaza et la reconstruction du territoire. Mais, dans la charte signée à Davos, il n’est fait aucune mention de Gaza et ce conseil annonce clairement les intentions des États-Unis de redéfinir les relations internationales.

Ce conseil est présidé par Trump, nommé à vie et seul à posséder le droit de veto. Son comité exécutif est composé de personnalités désignées par Trump : outre le Bulgare Nikolaï Mladenov, l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair, devenu homme d’affaires, et le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, on n’y trouve que des proches de Donald Trump, politiciens ou hommes d’affaires, ou les deux.

Pour l’instant en tout cas, à la tête des pays qui ont accepté de devenir membres fondateurs, il y a une belle brochette de dictateurs ou apprentis tels, comme l’Argentin Milei, le Hongrois Orbán, les dirigeants d’Arabie saoudite, du Kazakhstan, d’Égypte et l’on en passe. Bien des pays ont choisi d’attendre, dont la Chine et la Russie et, pour l’instant, seuls seize pays ont refusé de rejoindre le conseil, pour l’essentiel des pays de l’Union européenne – dont la France –, le Royaume uni et la Norvège. Leurs raisons : un tel conseil ferait de l’ombre à l’ONU.
De fait, Trump n’y est pas allé par quatre chemins : à un journaliste demandant, lors d’une conférence de presse, si le conseil était destiné à remplacer l’ONU, Trump a répondu : « C’est possible », poursuivant en dénonçant l’inaction de l’ONU, malgré son « énorme potentiel ».

Depuis un an que Trump donne des coups de pieds dans la fourmilière de la diplomatie mondiale, tous ceux qu’il malmène, à commencer par les dirigeants européens, reprochent à Trump de bafouer le droit international… Entendez par là qu’il ne leur demande pas leur avis et les traite en vassaux…

Mais, si Trump a fait enlever le dirigeant vénézuélien Maduro, les services secrets français ne se sont jamais privés d’intervenir dans leur « chasse gardée » africaine : on peut remonter à 1979 et aux opérations Caban et Barracuda par lesquelles le président d’alors, Giscard d’Estaing, avait remplacé Bokassa par David Dacko en Centrafrique ; mais c’est en octobre dernier que l’armée de l’air française a exfiltré l’ex-président malgache Andry Rajoelina en pleine mobilisation populaire contre ce dernier. Le « droit international » que les Macron et compagnie ont sans cesse à la bouche ne les étouffe pas particulièrement quand c’est eux qui sont à la manœuvre !

Quant à l’ONU, on a pu voir l’efficacité de ses troupes « d’interposition » positionnées au Sud-Liban et qui se sont terrées pendant l’offensive israélienne contre le Hezbollah libanais. Ou encore les innombrables résolutions contre les agressions israéliennes contre les Palestiniens, jamais suivies d’effet : le « droit international » que l’organisation est supposée régir est à géométrie variable !

Difficile de savoir quel sera l’avenir de ce Conseil de la Paix, mais il est bien à l’image de la nouvelle politique de l’impérialisme américain : avec la quasi-totalité des postes de commandes et l’unique droit de veto pour les seuls États-Unis, le « droit international » deviendrait ouvertement et crument ce qu’il est déjà : le droit du plus fort.

Jean-Jacques Franquier