Nos vies valent plus que leurs profits

Réunion publique sur le campus de Grenoble : des travailleurs et des jeunes qui se battent pour faire exister les idées communistes révolutionnaires

Jeudi 12 février avait lieu sur le campus de Grenoble la troisième réunion publique de la liste Grenoble ouvrière et révolutionnaire. L’occasion de donner la parole aux candidats de cette liste pour développer leur programme de lutte.

La journée avait très bien commencé : la liste de 61 travailleurs, travailleuses et jeunes, prête à défendre les idées communistes révolutionnaires dans cette campagne, avait été déposée en préfecture. Une première victoire !

La direction de l’UGA fête notre dépôt… par un arrêté d’interdiction

La journée avait également bien commencé, car cette échéance publique avait, pour une fois, été annoncée dans la presse locale. Mais ceci ne semble pas avoir été du goût de la présidence de l’université Grenoble-Alpes (UGA). En effet, les militants ont reçu, quelques heures avant le début de la réunion, un arrêté d’interdiction de celle-ci. La raison avancée : un risque de trouble à l’ordre public.

Alors même que des réunions publiques du NPA-Jeunes-Révolutionnaires ont régulièrement lieu dans les locaux de l’université sans qu’aucun incident ne se produise et qu’une motion avait été adoptée au conseil de l’UFR ARSH (bâtiment où devait avoir lieu la réunion) pour réaffirmer le droit des étudiants de se réunir, des représentants de la présidence, accompagnés de vigiles, se sont présentés sur le lieu prévu pour remettre en main propre l’arrêté d’interdiction, en ajoutant que le problème était notamment que le NPA-Révolutionnaires appellerait à voter pour sa liste. Une préoccupation absente lorsque des députés de droite et d’extrême droite donnent des conférences, comme c’était le cas pour Hannane Mansouri, députée UDR-RN, au printemps dernier.

Les militants se sont tout de même donné les moyens de maintenir cette réunion un peu plus loin, après un échange ubuesque avec la représentante de la direction et quelques gardes du campus.

Ni chair à patrons, ni chair à canons

Une soixantaine de personnes se sont donc retrouvées sous un préau pour assister à cette réunion animée par Astrid Dumon, quatrième sur la liste Grenoble ouvrière et révolutionnaire, étudiante en droit et animatrice périscolaire.

Elle a tout d’abord donné la parole à un étudiant qui a pu faire le lien entre l’actualité nationale, les attaques subies par la jeunesse et cette campagne menée par des jeunes et des travailleurs. Les attaques listées étaient notamment l’augmentation de la sélection à l’université — qui permet d’exclure une partie des jeunes des bancs de la fac en les forçant à se diriger directement vers le monde du travail ou à s’endetter pour se tourner vers le privé —, le nouveau projet de CDI jeune, un moyen pour le patronat d’exploiter les jeunes à moindre coût et de les licencier comme bon lui semble, et le nouveau service militaire, prétendument volontaire, qui représente en réalité la seule voie possible pour celles et ceux qui se retrouvent exclus de l’enseignement secondaire.

Face à toutes ces attaques, seules des batailles collectives dans la jeunesse, en lien avec le monde du travail, permettront d’obtenir des avancées.

L’urgence de réquisitionner les logements et de combattre les capitalistes immobiliers

Noemi Mondon, salariée précaire dans une clinique, a ensuite pris la parole sur la question du logement. La réquisition des logements vacants et la baisse des charges et des loyers sont portées au quotidien par des organisations comme le DAL, qui luttent régulièrement pour ces revendications. Ces mesures, qui font partie du programme de lutte du NPA-Révolutionnaires, gagneraient à être portées par l’ensemble des travailleurs et travailleuses.

En effet, ce sont souvent les mêmes personnes qui exploitent pour des salaires de misère qui récupèrent la majeure partie de ces revenus sous forme de loyers. Pour obtenir ces avancées, nous ne pouvons rien attendre de celles et ceux qui souhaitent gérer les institutions et qui, malgré leurs belles promesses de campagne, appliquent les politiques austéritaires du gouvernement, protègent la propriété privée et l’accumulation des profits par quelques bourgeois, tout en réprimant celles et ceux qui se battent pour leurs droits. Ce droit essentiel ne pourra être imposé qu’en allant chercher les logements dans les mains des milliardaires multi-propriétaires.

Au niveau local, l’occupation actuelle de la métropole de Grenoble est un exemple de cette lutte.

Financer les services essentiels en reprenant ce que le patronat nous a volé

Louison Jay, enseignant d’histoire-géographie et troisième sur cette liste, est enfin intervenu sur une des revendications : un aspect du programme de lutte qu’est l’extension et la gratuité des services essentiels. Cette extension, mise en place par celles et ceux qui font tourner ces services, permettrait d’améliorer leur qualité pour les usagers tout en améliorant les conditions de travail.

Cette prise de parole a permis de mettre en lumière le fait qu’il fallait combattre les budgets austéritaires globaux défendus par les députés mais aussi par leurs représentants au niveau local. Les municipalités, quel que soit leur bord, appliquent les budgets austéritaires du gouvernement et répriment les salariés qui luttent pour leurs conditions de travail et la qualité des services. Les municipalités sont donc des patrons comme les autres, qui privilégient la gestion de leur budget aux conditions de travail de leurs employés. Encore une fois, ce sont les luttes de celles et ceux qui font tourner cette société qui permettront d’imposer ces revendications.

La fierté du vote révolutionnaire

Baptiste Anglade a conclu cette réunion en rappelant les confrontations nécessaires avec les représentants des intérêts de la bourgeoisie, y compris lors d’une campagne électorale. Convoqué au commissariat à la suite d’une plainte de la direction d’une boîte du secteur social après un piquet de grève, il a insisté sur l’importance de la solidarité, qui devra se poursuivre notamment le 16 avril lors de sa nouvelle convocation, cette fois devant le délégué du procureur !

Une réunion réussie malgré les obstacles mis en place par les gestionnaires de l’université.
Le prochain rendez-vous de cette campagne sera le meeting de fin de campagne, qui aura lieu le 5 mars à 19 heures à la Maison du Tourisme. Un meeting qui réunira les membres de la liste Grenoble ouvrière et révolutionnaire, mais aussi nos porte-paroles nationaux Gaël Quirante et Selma Labib, ainsi que des acteurs des luttes locales.

Correspondnate