La mort du fasciste Quentin Deranque dans un combat de rue a suscité un émoi (très) national. Donnant un contenu immédiat à une forme de radicalisation de la bourgeoisie, Macron, et tous ses suiveurs politiques et médiatiques, ont profité de l’évènement pour attaquer frontalement LFI (accusée de connexions avec la « Jeune garde ») et en fait, tous les militants de gauche.
De la minute de silence à l’assemblée (qui n’a jamais été accordée aux nombreuses victimes de crimes racistes) suivie par tous les députés, y compris LFI, à l’affichage du portrait de Deranque au conseil régional de Wauquiez, on ne comptait plus, dans cette semaine irrespirable, les flatteries de ces politiciens bourgeois, jusqu’au PS, à ces milices d’extrême droite.
Vue comme le sommet de ce deuil national, la manifestation d’hommage du samedi 21 février a été organisée par l’extrême droite la plus dure. Des militants anti-avortement côtoyaient des cogneurs patentés, des catholiques intégristes ouvraient la voie aux crânes rasés. Même quelques groupes étrangers avaient fait le déplacement sans réussir, à eux tous, à réunir plus de 3 200 personnes. Alarmant de voir autant de militants fascistes au même endroit, mais très loin d’un succès populaire.
Avec son martyr, l’extrême droite comptait ratisser large et faire une démonstration. Mais quelques journalistes avaient réussi entre temps à démontrer que la rixe fatale avait été probablement provoquée par Némésis (collectif d’extrême droite se réclamant du féminisme) et ses sbires. Le RN, en quête de respectabilité, n’appelait pas à la manifestation, même si les organisateurs de celle-ci lui sont liés.
Un résultat plus que mitigé, dont les médias nationaux ont tout de même réussi à louer le caractère « calme » et « sans débordements ». Abstraction faite des saluts nazis et des propos racistes ? Reste que les groupes fascistes qui polluent une partie du centre de Lyon depuis trop longtemps ont été à l’origine d’une opération politique immonde que nous dénonçons.
Philippe Caveglia
Réclamer l’interdiction de Némésis, fausse bonne idée
L’Humanité a révélé comment les pseudo-féministes (mais vraies racistes) de Némésis s’organisent avec des nazillons pour piéger les antifascistes. Depuis, une partie de la gauche supplie le ministre de l’Intérieur Nuñez de dissoudre Némésis. Ce genre de dissolution n’a aucun effet sur l’activité de groupuscules d’extrême droite qui bénéficient de complicités dans la police et la justice. Et la banalisation de ces interdictions permet au gouvernement de viser des groupes de gauche, comme la Jeune garde ou les Soulèvements de la Terre. Les travailleurs ne peuvent compter ni sur les juges ni sur les flics pour se protéger de l’extrême droite, mais sur leurs propres forces.