En février 2025, la publication d’une vidéo sur la chaine de télévision israélienne Channel 12 montrant cinq soldats se livrant à des actes de torture sur un prisonnier palestinien, dans le centre de détention de Sde Teiman, avait fait grand bruit en Israël, et même au-delà. L’avocate générale militaire, accusée d’être à l’origine de cette fuite, avait été contrainte à la démission et a fait l’objet de poursuites pénales. Les sévices infligés au prisonnier lui avaient causé de graves blessures (dont plusieurs côtes cassées et une déchirure au rectum).
Il n’empêche que 12 mars dernier, le nouvel avocat général militaire, Itai Ofir, a ordonné l’annulation des poursuites contre les cinq tortionnaires, en invoquant « la complexité des preuves existantes » et le fait que le prisonnier n’était pas en mesure de témoigner… celui-ci ayant été opportunément expulsé vers Gaza suite à la divulgation de la vidéo. L’abandon des poursuites a été saluée par plusieurs ministres et par le cabinet de Netanyahou, parlant de « calomnies rituelles » ayant pour but de nuire à l’armée israélienne.
Cette décision ne peut que constituer un encouragement à la poursuite des mauvais traitements à l’encontre des milliers de prisonniers palestiniens qui croupissent dans les centres de détention, le plus souvent sans aucun jugement.