
Un an avant l’élection présidentielle, la campagne bat déjà son plein, rythmée par les calculs, les ego et les ambitions. Le spectre d’une victoire de l’extrême droite est instrumentalisé pour étouffer toute radicalité dans le sens des intérêts des classes populaires. Celles-ci sont certes désarmées face à l’offensive patronale, militariste et raciste (et même sciemment désarmées par les impasses institutionnelles et nationalistes de la gauche), mais elles ne sont pas dupes et surtout sont loin d’être passives. L’enjeu, sans attendre des lendemains électoraux, est de donner une voix à la colère ouvrière contre les guerres impérialistes qu’on nous fait payer, contre la gangrène raciste venue d’en haut et d’incarner la nécessité d’unifier les luttes dispersées contre les licenciements ou pour les salaires. C’est la responsabilité de l’extrême gauche de mettre dans le paysage politique, dès maintenant, ses interventions ouvrières et ses perspectives révolutionnaires, seule opposition réelle au rouleau compresseur patronal représenté aussi bien par les macronistes que par les lepénistes, en toute indépendance de la gauche NFP qui va, en faits sinon en paroles, de Mélenchon à Hollande.
Pour une candidature commune LO et NPA-R
Pour avancer dans ce sens, le NPA-R a proposé à Lutte ouvrière (LO) une campagne commune dans une lettre du 12 avril qui se concluait par ces mots : « Nous pensons que, dans le contexte d’exploitation mondiale intensifiée, de misère et de guerres, un contexte de plus en plus lourd, qui s’accompagne de véritables émeutes dans le monde, certes sporadiques et éclatées et qui ne trouvent pas de débouché favorable aux classes populaires, il faudrait que des révolutionnaires trotskistes tentent de proposer ensemble une politique de défense des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière ; d’affirmer la nécessité de construire un parti révolutionnaire. Assumer cette responsabilité commune pourrait nous faire franchir un cap, plus facilement ensemble que séparément, sachant que nous ne marquerons pas des points les uns contre les autres. »
Nous partageons avec LO la priorité à l’implantation et à l’intervention ouvrière, la volonté de défendre ouvertement nos perspectives communistes, révolutionnaires et internationalistes au quotidien dans les entreprises et dans la jeunesse comme dans les campagnes électorales et la délimitation politique nettement assumée vis-à-vis de la FI. Les divergences sont importantes et justifient aujourd’hui que nos organisations soient séparées mais, pour notre part, nous nous voyons comme des fractions différentes d’un futur parti révolutionnaire commun qui ne pourra naître que dans la chaleur de la lutte des classes. Comme LO est la principale organisation d’extrême gauche et qu’elle avait annoncé dès décembre la candidature de Nathalie Arthaud, nous avons proposé directement que notre campagne commune se fasse derrière elle.
Une campagne révolutionnaire pour redonner confiance aux travailleurs et travailleuses dans leurs propres forces
Les premiers échanges indiquent le peu d’enthousiasme de LO pour cette proposition. Les idées révolutionnaires ne sont pourtant pas condamnées au témoignage dans ce contexte où les luttes existent, bien qu’elles soient dispersées. En apparaissant comme un pôle unifié, les révolutionnaires auraient une chance d’attirer l’attention d’un milieu qui voit toutes les limites des directions syndicales et politiques de la gauche.
Raison pour laquelle il nous semble dilatoire d’en rester à dire qu’« on additionnera les voix ». Si les voix s’additionnent, c’est qu’elles sont de même espèce (sans nier leur diversité), et donc qu’une candidature commune pourrait en recueillir davantage que la somme des deux parties. Et si ce n’est plus de voix, plus d’audience et d’intérêt pour nos idées communes, c’est-à-dire davantage de poids pour des perspectives de renversement du capitalisme. Le souci d’une unité entre révolutionnaires (ou le regret qu’il n’y en ait pas) existe bel et bien chez des travailleurs parmi les plus conscients, qui sentent à juste titre qu’on est plus fort quand on frappe ensemble.
L’aspiration à l’unité est certes souvent confuse et étendue à la gauche dite radicale comme la FI (confusion entretenue par tous les anciens militants et organisations d’extrême gauche qui ont rallié les campagnes de Mélenchon avec armes et bagages). L’unité des révolutionnaires, et d’eux seuls, permettrait justement de lever cette ambiguïté en pointant la démarcation nette d’avec la gauche institutionnelle. Un tel pôle apporterait plus de clarté politique que des campagnes dispersées, menées chacun dans son couloir, alors même que ce qui nous sépare est moins important que ce qui nous rassemble. C’est encore plus vrai dans le contexte actuel d’offensive généralisée de l’impérialisme.
Le NPA-R maintient sa proposition à LO. Si son refus annoncé devait se confirmer, nous nous donnerions les moyens d’intervenir dans cette campagne avec notre propre candidature, de travailleurs et de travailleuses révolutionnaires qui porteront jusqu’au bout cette exigence de regroupement, dans les élections mais surtout dans les luttes. Nous sommes preneurs de tous les coups de main pour cette campagne qui permettra d’avancer vers le pôle des révolutionnaires en donnant l’occasion aux travailleurs et travailleuses de faire un geste électoral ou militant (ou les deux) pour leur propre intérêt.
Raphaël Preston
500 parrainages pour un pôle des révolutionnaires
La signature de 500 élus est nécessaire pour pouvoir se présenter à la présidentielle. Le NPA-R ne pourra pas compter sur des députés ou les élus des plus grandes (et plus riches) collectivités, acquis à une écurie institutionnelle. Nous nous adressons aux milliers de maires de petites communes qui savent ce que signifie au quotidien l’austérité budgétaire et comment elle pèse sur les habitants les plus pauvres. Aidez-nous à les démarcher !
23, 24, 25 mai : le NPA-Révolutionnaires sera présent à la fête de Lutte ouvrière
Comme tous les ans, lors du week-end de Pentecôte, Lutte ouvrière organise sa fête annuelle de plein air à Presles, dans le Val d’Oise. Notre organisation y sera présente les trois jours avec un stand à la cité politique. Ce sera l’occasion de nous rencontrer, de retrouver notre presse et l’ensemble de nos publications, dans un cadre à la fois politique et festif, dans une ambiance propice aux débats fraternels entre militants et sympathisants de toute l’extrême gauche révolutionnaire.
Un rendez-vous à ne pas manquer : le dimanche à 19 heures, notre forum : « Dans l’intérêt des travailleurs et des travailleuses, un front des révolutionnaires dans les élections et dans les luttes, en toute indépendance de la gauche dite radicale. »