Nos vies valent plus que leurs profits

Plus de 100 000 voix pour les listes révolutionnaires aux élections municipales

LO a présenté des listes intitulées « Lutte ouvrière – le camp de travailleurs » dans 240 villes, ce qui représente plus de 10 000 personnes sur ces listes. Elles ont obtenu 74 500 voix et 24 élus, dont 15 ouvriers ou employés. Plus particulièrement là où la gauche n’existe plus et où la contestation du « pouvoir aux exploiteurs et aux fauteurs de guerre » a pu s’appuyer sur un militantisme quotidien, la ténacité des militants de Lutte ouvrière a été reconnue par une frange du monde du travail. C’est par exemple le cas dans le Nord ou le Doubs : à Audincourt (16 %, 394 voix), à Bruay-sur-l’Escaut (8 %, 279 voix), à Fourmies (13 %, 483 voix), à Grand-Charmont (6 %, 94 voix), à Hérimoncourt (18 %, 137 voix) ou à Valentigney (8 %, 240 voix). Dans les métropoles, les scores de LO sont similaires aux nôtres.

Avant ces élections municipales, nous avions fait la proposition à Lutte ouvrière de nous présenter ensemble. Pendant la campagne, nous avons continué à défendre l’idée que les organisations se réclamant du communisme révolutionnaire et voulant faire entendre les intérêts des travailleurs devraient chercher à intervenir ensemble dans les luttes, mais aussi à apparaître rassemblés dans les élections. Dans les villes où une liste NPA-R côtoyait celle de LO, nos candidats ont d’ailleurs défendu ouvertement cette démarche. Nous continuerons les efforts dans le sens de sa construction d’un tel pôle des révolutionnaires plus que jamais indispensable pour s’affronter aux politiques pro-patronales et à l’extrême droite sans tomber dans les illusions institutionnelles et le nationalisme propagées par la gauche même « radicale ».

Le Parti des travailleurs (PT) revendique pour sa part 3 000 candidats et près de 60 listes. Elles ont obtenu 11 500 voix et des élus à Mainvilliers (9 %, 206 voix) ou à Orthez (7 %, 337 voix) dans le cadre d’une liste intitulée « une mairie à l’offensive » ou encore à Bouffémont, autour d’une liste « union pour la démocratie communale » (26 %, 594 voix). De manière générale, les listes du PT ont mis essentiellement en avant les coupes dans les services publics, les budgets militaires et, plus étrangement, la défense des communes.

Révolution permanente (RP) a présenté huit listes en propre et a soutenu, à Saint-Avold, une liste « ouvrière et solidaire » sans étiquette politique apparente. Les listes de RP ont obtenu au niveau national 12 000 voix dont 2 564 dans les 4 et 5e arrondissements de Marseille où Mathilde Lanté se présentait comme « militante féministe et révolutionnaire » qui « met son métier [d’avocate] au service des luttes sociales ».

Nous avons des désaccords de fond sur la manière dont ces deux organisations conçoivent les tâches aujourd’hui prioritaires et l’intervention des militants révolutionnaires, ce qui s’est reflété dans la manière de mener nos campagnes respectives. Nous continuerons à débattre fraternellement de ces désaccords dans les temps à venir.

Chris Miclos

 

 


 

 

L’extrême gauche dans les municipales, les articles parus dans Révolutionnaires no 53