Nos vies valent plus que leurs profits

Pas d’égalité totale des droits sans lutte de classe !

Les victoires LGBTI n’existent que par nos luttes

Partout dans le monde il a fallu attendre le XXe siècle pour que l’égalité des droits pour les personnes homosexuelles, puis les bi, les trans, les intersexes ne commence à devenir une réalité. C’est à l’occasion des luttes sociales et politiques des années 1960 et 1970, contre l’impérialisme et l’exploitation, qu’ont vu le jour des mouvements pour les droits des femmes, puis des LGBTI.

À New-York, en 1969, des manifestations se sont organisées suite à une descente de police dans le bar de Stonewall. Elles ont été le début du mouvement pour l’égalité des droits des homosexuels aux États-Unis.

Le mouvement s’est construit « à côté » du mouvement ouvrier réformiste, bureaucratique et conservateur. Il a fallu attendre 1984 en Grande-Bretagne pour qu’à l’occasion de la grève des mineurs, un groupe de solidarité homosexuelle organise des initiatives aux côtés des grévistes, montrant que le gouvernement Thatcher était aussi traditionaliste qu’anti-ouvrier.

Les réactionnaires en embuscade

En 2025, l’homosexualité était réprimée par la loi dans 64 pays du monde, selon les données de l’Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (Ilga World). Les reculs récents viennent nous le rappeler : en 2024, le Mali a criminalisé l’homosexualité, en instaurant une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. Au Sénégal, c’est dorénavant dix ans.

En France, où l’homosexualité n’est plus illégale, SOS homophobie a reçu près de 1 600 témoignages signalant des violences ou des discriminations homophobes et transphobes en 2024. Ces violences quotidiennes sont des marques de rejet, des agressions physiques, des insultes ou des menaces.

Les coupes budgétaires et les retraits des subventions sont au service de politiques transphobes : il faut payer 50 euros pour tout changement d’état civil, avec une longue procédure pour monter un dossier administratif, et attendre la décision d’un magistrat.

Plus d’un salarié LGBT+ sur trois déclare avoir été victime de discrimination par sa hiérarchie et 28 % estiment que ce comportement a entravé leur carrière. La même proportion a déjà subi des propos ou agressions LGBTphobes sur son lieu de travail.

Mêmes patrons, mêmes combats

Alors oui, plus que jamais, nous devrons être présentes et présents aux Pride qui s’organisent partout en France. Pour y défendre, comme nous le faisons chaque jour, dans nos lieux de travail, d’études, nos quartiers, les droits de notre classe face au patronat et à l’État qui exploitent et oppriment. Et que les travailleurs et les travailleuses ont mille fois plus d’intérêts à défendre l’égalité des droits qu’à subir la mise en concurrence et la division sur lesquelles repose le capitalisme !

Mona Netcha et Armelle Pertus