Nos vies valent plus que leurs profits

Mauvais calculs ou chaos prémédité

Trump n’ayant pas trouvé à Téhéran de solution « à la vénézuélienne », c’est-à-dire un dirigeant de rechange prêt à courber l’échine pour sauver la peau de son régime, il agrémente ses bombardements meurtriers de promesses d’une fin rapide, puis de menaces d’envoi de troupes supplémentaires. Lorsque les régimes sont tombés en Afghanistan en 2001, en Irak en 2003 ou en Libye en 2011, ce sont les États entiers qui ont volé en éclat, pour le profit de seigneurs de guerre concurrents. Une situation a priori peu idéale pour les affaires, mais dont les vendeurs d’armes ont fini par s’accommoder en vendant à tous les belligérants. Seul Netanyahou pourrait se satisfaire d’un effondrement ou d’un éclatement de l’Iran, comptant sur le parapluie américain pour le protéger des conséquences.

Mais les États-Unis pourraient amorcer un chaos similaire. En armant quelques troupes nationalistes kurdes exilées en Irak et encouragées à rentrer en Iran pour attaquer le régime. Elles serviraient de chair à canon au sol, pendant que les États-Unis bombarderaient du ciel. Et ils pourraient même tabler sur d’autres minorités nationales. La guerre commence à embraser toute la région, la République islamique répondant par des attaques contre les pays du Golfe qui accueillent des bases de pays impérialistes. Lesquels, qu’ils soient les plus hostiles ou les plus proches de l’Iran, répondent avec une grande modération, craignant l’escalade, et désireux, comme le Qatar, de continuer à se proposer comme des forces régionales de conciliation. Vis-à-vis de la population américaine, Trump s’efforce de promettre la fin prochaine de la guerre. Mais il est bien difficile, y compris pour Trump, de prédire comment évoluera le nouvel incendie qu’il a allumé au Moyen-Orient.

17 mars 2026, J.-B. Pelé

 

 


 

 

Sommaire du dossier paru dans le numéro 53 de Révolutionnaires