Le 1er mars, l’administration imposait une taxe de deux euros par catégorie d’article pour les achats réalisés sur les grandes plateformes chinoises comme Temu, Shein et Ali-Express. Elle ciblait les colis de faible valeur, inférieure à 150 euros, qui arrivaient massivement depuis l’Asie et échappaient jusqu’ici aux droits de douane.
Mais les plateformes ont vite trouvé la parade : il ne leur a fallu que deux jours pour faire arriver leurs produits via des pays de l’UE, frontaliers de la France, comme la Belgique, les Pays-Bas ou la Pologne, où une telle taxe ne s’applique pas. En quelques jours, les déclarations douanières en e-commerce à Roissy-Charles-de-Gaulle ont chuté de 92 % et les arrivées en Belgique ont été multipliées par trois. C’est ainsi qu’à Roissy, les entrepôts se sont brusquement vidés et que L’Union des entreprises de transport et logistique menace de supprimer jusqu’à 1 000 emplois à court terme.
Pas découragé par le fiasco, Bercy a décidé de renforcer les contrôles sur l’ensemble du territoire en donnant des pouvoirs élargis aux douanes, qui ne pourront de toute façon pas grand-chose contre les dizaines de milliers de camions qui arrivent des autres pays européens… Le tout en attendant une future législation de l’Union européenne qui devrait tenter d’y remettre de l’ordre !
La démagogie nationaliste et les mesures protectionnistes qui l’accompagnent, prises au nom de la prétendue « défense » de l’économie française, sont du même tonneau que celles de Trump sur les taxes douanières, à l’échelle un peu minable de ce dont est capable l’État français en comparaison des États-Unis. Ce serait risible si ça n’allait pas renforcer l’inflation dont sont victimes les travailleurs.
Michel Grandry