
En Allemagne, tous les hommes “en âge de combattre” (de 17 à 45 ans) sont censés demander l’autorisation à l’armée pour quitter le pays pendant plus de trois mois. Si la mesure reste floue, c’est un arsenal législatif de plus déployé par le gouvernement allemand dans l’objectif de devenir “la plus grande armée d’Europe”.
Et que ça marche au pas !
Dans la loi sur le service militaire votée en décembre et entrée en vigueur début janvier, un onglet à récemment attiré l’attention. Il oblige les hommes de 17 à 45 ans à informer l’armée en cas de séjour à l’étranger de plus de trois mois. La réglementation figure dans l’article 3 de la loi sur le service militaire. Cette mesure était déjà en place en Allemagne avant 2011 et l’abrogation du service militaire – sans être vraiment respectée la plupart du temps. Si l’article ne précise pas de sanction pour ceux qui ne feraient pas la demande, il s’agit d’un énième ajout à l’arsenal législatif militariste de l’Etat allemand. Depuis janvier, tous les hommes de 18 ans doivent remplir un questionnaire sur leur “intérêt pour le service militaire” et se soumettre à des examens médicaux si cela leur est demandé. L’Allemagne tente de porter les effectifs de ses soldats en service actif à 260 000 d’ici 2035, contre 183 000 à la fin de l’année dernière. De la même manière que le service militaire “volontaire” français peut théoriquement être rendu obligatoire par un vote de l’assemblée, on sent que les gouvernements européens veulent se laisser les mains libres pour s’adapter à leurs besoins de chair à canon.
Des réactions salutaires
La découverte de cet article a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux pendant le week-end de Pâques. Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation lycéenne est prévue début mai, le gouvernement allemand tente de temporiser. Le ministère de la Défense (heureusement que le ministre est de gauche, ouf !) s’est empressé d’expliquer que cette obligation est une “pure formalité”. Ne vous inquiétez pas, toutes les demandes d’autorisation seront accordées ! Oui, jusqu’à ce qu’elles ne le soient plus… Les lycéens et jeunes hommes allemands ont bien raison de ne pas s’en laisser conter.
Uma Daunai