
Désormais candidat à la tête de l’État, c’est dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre que le président des Républicains, Bruno Retailleau, a choisi de se rendre pour le premier déplacement de sa campagne. C’est dans ce cadre qu’il a proposé de modifier la Constitution pour rendre possible un arsenal de mesures qui composerait un « état d’urgence anti-trafics » comme le contrôle permanent des entrées et sorties de certains quartiers avec l’aide de blindés Centaure.
Lorsqu’il était encore premier flic de France, Bruno Retailleau se cachait déjà sous le paravent de la lutte contre les trafics pour faire la guerre aux classes populaires. Désormais en concurrence pour la présidentielle avec l’extrême droite de Bardella et Le Pen, il accélère encore plus la surenchère sécuritaire pour ne pas se laisser distancer.
Le dirigeant des LR pointe vraisemblablement son regard sur le Salvador et les méthodes de son président, Nayib Bukele, qui mène une politique dictatoriale et terroriste envers les travailleurs sous la même bannière de guerre contre la drogue. Retailleau tire sûrement son inspiration de ses discussions avec le vice-président salvadorien, Félix Ulloa, qu’il a rencontré lorsqu’il était encore ministre de l’Intérieur afin de discuter des techniques mises en place dans les établissements pénitentiaires du Salvador, qui accueillent d’ailleurs les victimes de l’ICE de Trump.
Sans avoir forcément besoin d’aller aussi loin pour trouver certaines de ses idées, Retailleau voudrait généraliser les mesures répressives qui sont de mise dans les colonies françaises, comme en 2024 lorsque les travailleurs kanak s’étaient rebellés contre la tentative de passage en force du gouvernement sur le corps électoral. Un véritable arsenal militaire de tireurs d’élite et de blindés Centaure avait alors été déployé pour garantir « l’ordre républicain », une dizaine de Kanak avaient alors été assassinés par la gendarmerie française.
Jimmy Vasseur