Nos vies valent plus que leurs profits

Le Rassemblement national toujours prêt pour l’assistanat… des patrons !

Lors de son meeting du 1er mai à Mâcon, Le Pen a dénoncé « un assistanat endémique, entretenu et encouragé » par le système actuel et les « profiteurs d’en bas ».

Certains y voient un revirement idéologique, par l’abandon d’une posture qui se voudrait sociale au profit d’un positionnement ouvertement libéral et pro-patronal. Ce n’en est rien une nouveauté, comme en atteste la position du RN contre l’augmentation du Smic et son soutien à toutes les attaques contre le droit à la retraite.

Le RN saisit toutes les occasions de montrer au patronat qu’il peut compter sur lui pour gouverner au service de ses seuls intérêts. Le déjeuner de Bardella le 20 avril avec le bureau exécutif du Medef en était une. L’adoption, le 5 mai dernier à l’Assemblée nationale, du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales avec les votes des députés macronistes, de la droite et de l’extrême droite en est la dernière manifestation : une loi anti-pauvres, qui prévoit de suspendre le versement des allocations chômage pendant trois mois en cas d’« indices sérieux » de fraude… et permet donc de couper immédiatement tout revenu sans preuve ! Une loi qui interdit également le renouvellement d’arrêts de travail délivrés par téléconsultation et qui suspend les droits à l’assurance-maladie en cas de « simple suspicion de fraude », donc à nouveau sans preuve.

La réalité, c’est que, loin de frauder les aides sociales, de nombreuses personnes y ayant droit ne les touchent même pas : selon la dernière étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée le 6 mai dernier, environ 560 000 foyers éligibles au RSA ne le perçoivent pas, par manque d’informations sur leurs droits. Quant aux plus de 211 milliards d’aides publiques aux entreprises, dont des « indices sérieux » permettent de dire qu’elles servent juste à s’enrichir sans créer aucun emploi, aucun serviteur de la bourgeoisie ne les remet en cause.

Lydie Grimal