Plus de 300 personnes, en majorité auteurs et autrices, ont participé au théâtre de la Concorde, à Paris, à une réunion destinée à discuter des meilleurs moyens de sauver l’édition « des griffes » de Vincent Bolloré après le limogeage d’Olivier Nora de la direction de Grasset. Plus généralement, il s’agissait de tenter de trouver une parade et les moyens juridiques pour sauver le droit d’écrire librement face à la concentration éditoriale et à l’emprise croissante du milliardaire breton ultra-réactionnaire sur le monde du livre. On comprend fort bien, et on partage, la crainte des écrivaines et des écrivains face à la main mise de Bolloré sur l’édition. Mais la question restera insoluble tant que les trois quarts des grands médias et des maisons d’édition seront contrôlés par une poignée de milliardaires. Et si tous ne sont pas aussi intrusifs que Bolloré, ils ont toujours la possibilité d’imposer leur loi et leur point de vue. Les exproprier permettrait de garantir une presse et une édition enfin libérées du pouvoir de l’argent.