
Depuis septembre dernier, par décision de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal, les élèves d’une centaine d’écoles, collèges et lycées portent une « tenue unique », c’est-à-dire un uniforme scolaire, à titre de test avant une éventuelle généralisation à tous les élèves du CP à la terminale.
Mardi 12 mai, le ministère a publié une « première évaluation ». Celle-ci pointe des effets « limités sur le comportement des élèves et les apprentissages », même si les directeurs d’écoles primaires – tous volontaires pour l’expérimentation, notons-le… – évoquent pour leur part un « sentiment d’appartenance envers l’école » amélioré. Faut-il comprendre qu’avec l’uniforme on ne réfléchit pas mieux, mais on bêle plus en chœur ? En fait, le rapport confirme des évidences comme le fait que porter le même vêtement ne fait pas cesser le harcèlement.
Édouard Geffray, le remplaçant d’Attal à la tête du ministère, a botté en touche. Il veut attendre une évaluation plus détaillée « à la fin de l’année scolaire ». Aurait-il oublié qu’on y est déjà quasiment ? On voit mal en quoi un mois (pour les lycées) ou deux (pour les écoles et collèges) de plus vont changer grand-chose au tableau.
Mais si le ministre a du mal à mettre au placard l’uniforme voulu par son prédécesseur, les jeunes peuvent l’aider. Deux tiers des collégiens et lycéens qui portaient un uniforme cette année n’en veulent pas, des dires mêmes des évaluateurs. Pas besoin d’avoir son bac de météo sociale pour prévoir un avis de tempête générale au cas où les réactionnaires aux manettes du ministère voudraient imposer partout la mise au pas par la fripe.
Mathieu Parant