Le week-end des 9 et 10 mai, Trump a parlé de « très bonnes discussions » et affirmé qu’un accord était « très possible »… avant de qualifier de « totalement inacceptable » la contre-proposition soumise par les dirigeants iraniens concernant la fin du conflit.
En haut : menaces et négociations
Ceux-ci rejettent le démantèlement des installations nucléaires, tout en proposant une dilution partielle de leur uranium enrichi et son transfert vers un pays tiers. Ils exigent en échange la levée immédiate des sanctions pétrolières, le déblocage des avoirs gelés, la fin du blocus naval, le rétablissement de leur contrôle sur le détroit d’Ormuz et un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, aurait ordonné à son commandement militaire de poursuivre les opérations et de se préparer à une confrontation.
Quant à Netanyahou, il affirme toujours qu’Israël n’autorisera pas l’Iran à reconstituer son programme de missiles balistiques, ni à retrouver une capacité d’enrichissement nucléaire, en menaçant d’une riposte « que l’Iran ne peut même pas imaginer ».
En attendant la reprise des pourparlers, les prix du pétrole ont bondi de 5 % lundi 11 mai.
En bas : chômage et misère
En Iran, la guerre pèse toujours sur les classes populaires : entre 2 000 et 3 500 morts, de 12 000 à 20 000 blessés, des destructions massives d’infrastructures qui, avec la perturbation des routes commerciales et les coupures d’Internet, entraînent des fermetures d’entreprises, un chômage de masse et des salaires impayés. Même si la guerre ne reprenait pas, la reconstruction pourrait prendre dix à quinze ans, avec des conséquences sociales durables.
Alors que l’inflation a dépassé 50 % en mars – et atteint 112 % pour l’alimentation –, des millions d’emplois sont menacés. Le patronat en profite pour ne pas renouveler des contrats précaires et pour recourir à la sous-traitance1. L’État, lui, en profite pour renforcer la répression, exécuter des prisonniers du soulèvement de l’hiver dernier, écraser les mobilisations syndicales et les contestations.
Guerre impérialiste, guerre sociale : notre classe est toujours en première ligne.
Jean-Baptiste Pelé
1 Voir le bulletin de l’organisation Solidarité socialiste avec les travailleurs en Iran, Écho d’Iran, n°30, 5 mai 2026 sur le site iran-echo.com