« Notre mission quotidienne en tant qu’assureurs c’est de réparer le monde réel » : à croire les déclarations de Florence Lustman, présidente du syndicat patronal France Assureurs en mars 2026, les compagnies d’assurances seraient militantes de la cause écologique. Pourtant, en ce qui concerne les catastrophes naturelles, pour les capitalistes, il s’agit davantage de « préparer les profits » que de réparer le monde réel.
En 2025, Axa, Allianz et Generali, réalisaient 22 milliards d’euros de profits, 184 milliards depuis 2016. Tout content de faire de l’argent sur la peur et le malheur des gens, le patron d’Axa, Thomas Buberl, se félicitait ainsi : « En 2025, […] notre activité d’assurance dommages a affiché des résultats exceptionnels. » De quoi mieux assurer les travailleurs face aux aléas ? Non, bien au contraire. Embrouilles administratives, non-reconnaissance des dommages, hausses des cotisations, tout est bon pour soutirer de l’argent. Le coût des assurances habitation a grimpé de 7 % en 2024, de 10 % en 2025 selon l’UFC-Que choisir. Mais, surtout, les contestations des compagnies d’assurance pour éviter d’indemniser les clients touchés par des aléas climatiques ont été multipliées par cinq en 2023-2024. Non seulement il faut payer plus, mais les assurances n’ont aucun scrupule à se défausser et créer des difficultés, parfois graves, à des milliers de sinistrés.
Pour l’État : priorité aux profits
Tous ces profits se font avec la complicité de l’État qui se préoccupe plus du profit de ses assurances que de la sécurité de la population. Les assurances sont elles-mêmes réassurées par le système « Cat-Nat » chargé de compenser l’absence de couverture de « phénomènes naturels d’intensité exceptionnelle » – où le montant des indemnités à couvrir serait trop important pour les « pauvres » assurances. Comme dans un casino, la maison gagne toujours…
Malgré tout, le 24 avril, la Cour des comptes expliquait que les assurances devaient se préparer à une « banalisation d’événements jugés aujourd’hui exceptionnels ». Sans cette réassurance payée par la population, le plus probable est que les assurances refusent d’assurer dans les zones trop risquées. Priorité aux profits donc, et tant pis pour les sinistrés.
Jacques Bonhomme
Sommaire du dossier paru dans le numéro 57 de Révolutionnaires
- Alerte, la planète prend l’eau !
- Inondations et changement climatique : un avenir sombre et incertain
- Un aménagement de classe pour une société de classe
- Des compagnies d’assurances noyées… sous les profits
- Déluges et crues en Asie du Sud et du Sud-Est
- Tempêtes hivernales en France : les travailleurs en première ligne
- Inondations de Valence : une catastrophe qui n’a rien de naturel
- Face aux inondations, comment éviter le naufrage ?