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Vivaldi et moi — film de Damiano Michieletto

Vivaldi et moi
Film de Damiano Michieletto, avec Tecla Insolia, Michele Riondino

Venise, début du XVIIIe siècle. Quatre orphelinats, les ospedale, accueillent les enfants abandonnés. À l’Ospedale della Pieta, tous les orphelins travaillent. Les plus douées des orphelines reçoivent une formation musicale et jouent soit à l’église, cachées derrière une grille, soit en déplacement, et alors masquées.

De l’affluence aux concerts dépendent les dons que recevra l’institution de la part des riches Vénitiens. Les orphelines rapportent donc l’argent des dons et, pour certaines, la dot de leur mariage arrangé avec un riche Vénitien.

En perte de vitesse, l’Ospedale della Pieta embauche un jeune compositeur, Antonio Vivaldi (Michele Riodino). Entre celui-ci et une jeune orpheline, Cecilia (Tecla Insolia), violoniste talentueuse et rebelle, se nouent des très forts sentiments qui s’expriment dans la musique – Vivaldi est prêtre, Cecilia promise à un héros de la guerre contre les Turcs.

Un autre très beau film mettant en scène les ospedale vénitiennes, Gloria, de Margherita Vicario, avait mis l’accent sur l’invisibilisation des orphelines musiciennes. Tiré d’un roman, Stabat Mater, de Tiziano Scarpa, Vivaldi et moi est non seulement l’occasion d’écouter de la très belle musique, mais éclaire la condition de ces orphelines qui faisaient la fortune des institutions religieuses de la très bourgeoise république de Venise.

Jean-Jacques Franquier