Maxime Saada, le président du directoire de Canal+, a déclaré que sa chaîne, qui finance chaque année de nombreux films, n’investirait plus dans ceux où sont impliqués – comme réalisateurs, auteurs ou acteurs – celles et ceux qui, dans Libération, ont signé une tribune s’inquiétant de la mainmise de Vincent Bolloré sur la presse écrite et audiovisuelle, les maisons d’édition et le cinéma. Par le plus grand des hasards, le milliardaire breton se trouve aussi être l’actionnaire principal de Canal+. Saada, qui dirige Canal depuis 2018, veut peut-être montrer sa servilité à son patron pour ne pas subir le sort de Nora viré de Grasset. Difficile de savoir s’il appliquera cette décision. Si c’était le cas, vu le poids financier de Canal dans la production et la diffusion de films qui est de l’ordre de 43 %, ça reviendrait à établir une liste noire des professionnels interdits d’exercer leur métier. Ce qui justifie la mobilisation des signataires contre l’emprise des milliardaires sur le cinéma comme sur la presse et l’édition. Mais la seule solution pour y mettre fin serait de les exproprier, et pas seulement Bolloré…