Nos vies valent plus que leurs profits

Augmentation des prix : imposons l’échelle mobile !

Depuis l’agression américano-israélienne contre l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, le prix des carburants a atteint un niveau stratosphérique : largement plus de deux euros le litre de gazole, de quoi grever durement les revenus des ménages contraints de prendre leur voiture pour aller travailler et obliger les autres à restreindre leurs déplacements. Une excellente affaire par contre pour les compagnies pétrolières, et en particulier pour Total qui a déjà engrangé 5 milliards de bénéfices pour le seul premier trimestre, en hausse de 51 % sur un an, et qui parvient même à gagner des clients en prétendant plafonner les prix – à 2,25 euro le litre de gazole ! – dans un contexte de baisse de la consommation.

Le gouvernement se garde bien de prendre la moindre mesure susceptible d’écorner, même à la marge, les profits pharamineux des pétroliers et des spéculatieurs. Il se contente pour l’essentiel de reconduire pour trois mois les aides déjà accordées à certains secteurs du petit et moyen patronat comme dans le BTP, la pêche, les transports ou l’agriculture. Pour les salariés, les aides promises seront « ciblées », c’est-à-dire que bien peu la toucheront. Elles ne pourront de toute manière pas dépasser 20 centimes par litre, alors que depuis le déclenchement de la guerre en Iran le 28 avril, le litre de diesel a déjà augmenté de 44 centimes en moyenne…

Le Rassemblement national prétend qu’une baisse des taxes suffirait à régler le problème. C’est évidemment une escroquerie : rien n’empêcherait alors les pétroliers de continuer à augmenter leurs prix, même si le consommateur devait payer – ce qui n’est même pas certain – quelques centimes de moins. Et le manque de recettes correspondantes pour l’État se traduirait immédiatement dans des restrictions budgétaires supplémentaires dans des services publics déjà exsangues.

La France insoumise en tient pour sa part au blocage des prix des carburants. Ça serait bien le minimum, mais très insuffisant. Car le prix de l’essence ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Les économistes prévoient une augmentation à court terme de l’inflation qui pourrait exploser dans les semaines à venir, touchant en priorité les dépenses contraintes des travailleurs – notamment l’alimentation, l’énergie et le logement – qui dévorent déjà une part de plus en plus considérable de notre budget. Chacun le constate en faisant ses courses : les prix de l’alimentation s’envolent.

Loin des promesses électorales, baisses des taxes ou blocage des prix, sur lesquelles nous n’avons aucune prise et qui sont immédiatement jetées aux orties ou détournées dès que leurs promoteurs arrivent au pouvoir, c’est seulement de notre organisation et de nos luttes, de la crainte que nous saurons inspirer aux capitalistes, que dépend le maintien de notre niveau de vie. Si nous perdons 100 euros en raison de la hausse des prix, notre revenu doit être augmenté d’autant. Imposons au patronat et à l’État l’échelle mobile des salaires, des pensions et des allocations.

Michel Grandry