Les députés LFI ont voté contre la rallonge de 36 milliards d’euros pour la loi de programmation militaire, ce qui est bien le minimum.
Il est certainement plus facile de voter contre un texte quand on sait d’avance qu’il passera grâce aux voix du PS jusqu’au RN… mais nous ne ferons pas ce procès d’intention aux députés LFI.
Ce qui est certain, c’est que nous ne partageons en rien les arguments donnés par Manuel Bompard pour justifier ce vote. Celui-ci dénonce l’alignement de la France derrière Trump, qui a imposé de relever les budgets militaires à 5 % du PIB pour rester sous le parapluie de l’Otan. Manuel Bompard ne dénonce pas en soi le fait que 5 % de la richesse nationale soit dépensée dans des engins de mort, mais il prétend que ces ressources militaires devraient être mieux utilisées pour une France « indépendante », « non-alignée », et capable de se mettre « à la hauteur des nouvelles frontières de l’humanité » à savoir la mer, l’espace et le numérique.
En somme, la France devrait continuer à constituer une grande puissance militaire suréquipée, dotée de l’arme nucléaire et présente « sur les cinq continents » comme le dit Mélenchon mais, mais… « au service du droit international » ! Comme à la bonne époque de Mitterrand, où la France soutenait le génocide au Rwanda ? Comme à l’époque de Hollande et des intervention impérialistes contre le Mali et la Centrafrique ? Non Manuel, l’impérialisme français, même « de gauche », ce n’était pas mieux avant. Une armée permanente, bardée du dernier mot des techniques les plus meurtrières, c’est inévitablement une machine à opprimer les peuples qui peut être retournée à tout moment contre les travailleurs et travailleuses de la métropole.
Combattons toute augmentation du budget militaire, mais repoussons aussi tous les arguments qui ne peuvent que mener à appuyer, honteusement ou ouvertement, les manœuvres et exactions de notre propre État aux quatre coins du monde.
Ed McBeyne