Contrairement à ce qu’a prétendu le régime de Vichy, le Front populaire a, dès 1936, mené une politique de relance de l’industrie d’armement.. Ainsi, 14 milliards de crédits ont été votés sur quatre ans, au-delà même de ce que demandait l’État-major. Le prétexte de ce réarmement était le danger représenté par l’Allemagne nazie.
Alors que, comme tous les autres partis communistes, le PCF était né dans la lutte contre la guerre impérialiste, il apporta aussitôt son soutien à cette politique. En juin 1936, l’Humanité se prononçait en faveur d’une « armée forte, moderne et motorisée ». Alors que, tout au long des années 1920, les communistes avaient mené un travail dans l’armée pour gagner aux idées révolutionnaires des prolétaires en uniforme, le PCF annonçait officiellement la suppression de toute activité de propagande dans l’armée. Au cours de la grève générale de mai et juin 1936, le PCF n’a absolument pas cherché à développer l’agitation dans les casernes pour lier les luttes de soldats aux luttes ouvrières. Au contraire, les Jeunesses communistes donnèrent pour consigne aux conscrits de « faire leur devoir et de bien servir dans l’armée de la République ». En décembre 1936, le PC vota les budgets de la défense nationale, sanctionnant par là son ralliement effectif à « l’effort de guerre ».
Tout cela au nom de la lutte « contre le fascisme » et de la « défense de la République ».
Le PCF contre les peuples coloniaux
C’est au nom de ces mêmes principes que le PCF a soutenu la répression des peuples colonisés, tout particulièrement le peuple algérien.
L’explosion révolutionnaire de mai et juin 1936 n’avait pas épargné les colonies françaises : en Algérie, des grèves ont eu lieu dans le secteur du bâtiment, des usines furent occupées… Mais le Parti communiste algérien, au lieu de chercher à encourager ces luttes et à les faire converger avec la grève générale qui se déroulait en métropole, les a combattues. En Kabylie, à Djidjelli, la CGT, dominée par les staliniens, organisa l’entrée de non-grévistes européens sous escorte de gardes mobiles et de tirailleurs sénégalais.
En 1937, le Front populaire fit même dissoudre la principale organisation nationale algérienne, l’Étoile Nord-Africaine de Messali Hadj. Maurice Thorez, le dirigeant du PCF, justifia cette interdiction en déclarant que « dans les conditions actuelles, l’intérêt des populations indigènes de l’Afrique du nord, comme de toutes les populations françaises, est de rester liées à la métropole dans une même tâche de défense de la paix ».
La même année, alors que la police réprimait une grève de mineurs en Tunisie, tuant 29 personnes, le PCF continua de dénoncer les nationalistes comme des « alliés objectifs des fascistes », des « troupes de la guerre civile » prônant un « séparatisme idiot et rétrograde ».
On le voit, la politique nationaliste du PCF et son alignement derrière la politique colonialiste de la France impérialiste ne date pas d’hier. Elle traduit l’abandon par ce parti du combat pour l’émancipation des travailleurs et des travailleuses, et son ralliement à une politique d’union avec les prétendus éléments « progressistes » de la bourgeoisie.