Nos vies valent plus que leurs profits

Non à la fermeture de Renault VSF !

La direction Renault a annoncé fin mai la fermeture en 2027 du centre d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric dans les Yvelines, où environ 800 salariés travaillent sur les véhicules utilitaires du groupe.

Parmi les prétextes invoqués par la direction, le site serait trop onéreux à rénover et en surcapacité. Une surcapacité consciemment préparée par des centaines de suppressions de postes dans l’ingénierie, dont une nouvelle vague prévue ces prochains mois. La fermeture de ce « vieux » site (ouvert en 1965) doit donc permettre de faire des économies sur l’immobilier pour dégager plus de cash, dans un contexte de compétition accrue entre constructeurs.

La direction prétend qu’aucun emploi ne sera impacté. Mais qui la croit ? De toute façon, les salariés vont faire les frais de cette opération financière : 450 employés de Renault et de sa filiale Ampère seront mutés sur d’autres sites. Et les transferts débuteront dès octobre, dans 4 mois ! La majorité ira au Technocentre de Guyancourt, principal site d’ingénierie Renault, relativement proche de VSF. Et des dizaines d’autres seront envoyés à 70 kilomètres de là, sur le site d’essai d’Aubevoye (dans l’Eure) ou au centre technique de Lardy (dans l’Essonne). L’allongement du temps de trajet risque d’en convaincre un certain nombre de démissionner. Reste à voir où les émigrés de VSF parviendront à s’installer sur ces sites dont certains manquent d’espace… Quant aux 300 sous-traitants employés à VSF, leur sort est inconnu à ce stade, ce qui ne présage rien de bon.

Si les principaux syndicats du site (CFDT et CFE-CGC) accompagnent le projet de la direction, les salariés de VSF ont toutes les raisons de se mettre en colère. De l’argent, Renault en a pour maintenir les sites et les emplois. Depuis 2023, le groupe a distribué 1,7 milliards d’euros de profits en dividendes et en rachats d’actions. Mais la casse sociale n’est pas spécifique à Renault : elle touche bien des constructeurs et sous-traitants dont les salariés menacés seraient des alliés potentiels pour faire barrage ensemble à l’offensive patronale.

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