Nos vies valent plus que leurs profits

Mort du Scaf : Mélenchon vole à la rescousse de Dassault

Si Mélenchon a un plaisir particulièrement coupable, c’est celui de jouer le commercial pour Dassault Aviation. Dans un post sur ses réseaux sociaux le 11 juin, il est revenu sur l’annonce de l’abandon du Scaf, un chasseur aérien qui devait être le fruit d’une collaboration entre la France, l’Allemagne et l’Espagne. Ce projet a été mis au rebut, car les deux principaux industriels – Dassault et Airbus Defence and Space – se menaient la guerre pour contrôler le pilotage du projet, et donc l’essentiel des subventions et bénéfices.

Plutôt que de se réjouir de l’échec d’un programme qui visait à créer des engins de mort, aux seuls bénéfices des industriels, Mélenchon se réjouit surtout que les industriels français soient « enfin dégagés de la calamiteuse liaison avec l’Allemagne […] ! ». Et si Airbus Defence and Space ne s’est pas incliné face à Dassault dans l’affaire, c’est parce que l’entreprise serait à la solde des « influenceurs antifrançais », qu’il entend chasser en 2027.

Pour Mélenchon, le monde est simple : il y a les bons patrons français et les mauvais « antifrançais ». Ce chauvinisme vise à défendre les intérêts des patrons de l’armement, mais certainement pas ceux de leurs travailleurs, qu’ils soient employés par Saab, Airbus ou Dassault.

Antoine Melk