
Sur le port de Rouen, la semaine du 13 juillet, un train de marchandises a déraillé au passage d’une aiguille lors d’une livraison chez un client. Un wagon s’est retrouvé dans le ballast et un autre est monté sur le fil du rail. Si le conducteur n’est pas en cause, les installations le sont. Le graissage n’a pas été fait alors qu’il doit l’être régulièrement pour pouvoir simplifier les manœuvres des aiguilles. De plus, les lames de l’aiguille ne collaient même plus au socle, ce qui a entraîné un effet de rebond au passage du train. Selon les agents sur place, cet entretien n’avait pas été réalisé depuis un moment. Cela résulte d’une politique d’économie de la part du port : laisser de côté les entretiens réguliers, qui coûtent trop cher à leur goût, pour privilégier les entretiens ponctuels lors d’incidents. Si ce déraillement n’est que superficiel et n’a occasionné que des dégâts matériels, il aurait pu en être autrement si les wagons avaient transporté des marchandises dangereuses à ce moment-là. Et comme pour chaque incident, c’est un cache-cache entre les différentes entreprises impliquées –propriétaire du réseau ferré et transporteur ferroviaire – pour désigner qui est responsable de l’incident et qui doit mettre la main au porte monnaie.
D’une manière plus générale, les problèmes liés aux aiguilles à manœuvrer ne sont pas rares. Souvent les agents se plaignent d’une aiguille difficile à tracer, pour laquelle ils doivent employer la force ou finissent même par se faire mal au dos. En période de forte chaleur, le rail pouvant chauffer au delà de 55 degrés, les problèmes vont bon train entre les aiguilles difficiles, les voies déformées et les écartements de voies. Ce n’est clairement pas le moment – ni maintenant, ni en général – de faire des économies sur la maintenance ! Les logiques de profit sont le fléau des travailleurs et de la société !
Correspondant