
Traduction d’un article de nos camarades de Speak Out Now, paru sur leur site le 31 juillet 2026
À la mi-juillet, le secrétaire d’État Marco Rubio a clôturé une « réunion ministérielle sur la résurgence du terrorisme politique ». Des délégations de 65 pays avaient été convoquées pour assister à un exposé sur la manière dont les gauchistes détruisent leurs nations respectives de l’intérieur, concluant sur la nécessité de démanteler les prétendus réseaux transfrontaliers de ces soi-disant groupes terroristes de gauche. Cette réunion témoigne des efforts continus déployés par l’administration Trump pour relancer la « peur rouge » et remodeler l’appareil de sécurité nationale mis en place au lendemain du 11 septembre afin de persécuter quiconque parmi les militants et organisations « d’extrême gauche ».
Juste après l’événement, l’administration américaine a publié un rapport alléguant des liens généralisés entre une « campagne soutenue de subversion » cubaine et l’ensemble des mouvements politiques de gauche, citant des dizaines de militants, d’hommes politiques et de personnalités ayant prétendument des liens avec le gouvernement cubain ou s’inspirant de celui-ci. À plusieurs reprises, le rapport fait le saut entre solidarité rhétorique et soutien matériel, puis établit des liens entre l’espionnage cubain et la quasi-totalité des mouvements et organisations progressistes ou de gauche des 70 dernières années, du Black Panther Party aux Democratic Socialists of America [organisation à la gauche du Parti démocrate] et à la National Lawyers Guild [association de juristes défendant les droits humains] d’aujourd’hui. Sont également cités un large éventail de militants, d’hommes politiques et de personnalités des médias, parmi lesquels la maire de Los Angeles, Karen Bass, Amy Goodman de Democracy Now !, ainsi que le streamer et influenceur Hasan Piker. Comme le souligne le journaliste Ken Klippenstein : « Ce que montre le rapport, ce n’est pas que ces personnes agissent sciemment sous les ordres d’une puissance étrangère, mais simplement qu’elles sont en désaccord avec le gouvernement américain sur la politique à l’égard de Cuba. » Néanmoins, le département d’État de Rubio continue de tenter d’imputer une influence étrangère afin de contourner ces fichus « droits constitutionnels à la liberté d’expression et d’association ».
La tentative de la droite de bafouer nos droits de manifester n’est certes pas nouvelle, mais à la suite de l’assassinat, l’année dernière, de l’activiste d’extrême droite Charlie Kirk, l’administration Trump s’est servie de l’affiliation supposée de gauche de l’agresseur (qui n’a qu’un lien ténu avec quelque idéologie que ce soit, et encore moins un lien cohérent avec un quelconque mouvement de gauche) pour persécuter plus largement les opinions de gauche. En mai, Sebastian Gorka, commentateur de droite sur Internet et à la radio et star de la lutte antiterroriste, a publié un document stratégique désignant les « extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes » comme l’un des trois principaux types de groupes terroristes auxquels est confronté le gouvernement américain. L’extrémisme de droite ne figurait pas sur cette liste et n’était mentionné à aucun moment dans le document. En direct à la télévision, Trump lui-même a ordonné à Rubio de « s’en occuper » en désignant l’antifascisme comme organisation terroriste étrangère.
Que les termes « extrême gauche » ou « gauche » puissent revêtir des significations très diverses selon les personnes ou que l’antifascisme ne soit pas une organisation au sens strict, n’a pas vraiment d’importance pour l’administration Trump. Quiconque mène une action jugée indésirable, qu’il s’agisse de protester contre les enlèvements de l’ICE ou de s’opposer à la construction d’un data center dans son quartier, peut être accusé de « terrorisme antifa ». Et comme le gouvernement affirme que toute activité politique « de gauche » est liée d’une manière ou d’une autre à l’espionnage cubain, cette « activité terroriste » présente désormais des ramifications internationales. Selon Trump et Rubio, cela signifie que les droits que la Constitution est censée garantir sont remis en cause, ce qui permet au gouvernement de recourir à des mesures de surveillance et de détention perfectionnées au cours des deux décennies de la « guerre mondiale contre le terrorisme ».
Il s’agit d’une crise qui se prépare depuis au moins 25 ans, le résultat de l’érosion par le gouvernement américain des droits civils et politiques au nom de la « guerre contre le terrorisme », menée par les deux partis, démocrate et républicain. Les conséquences potentielles sont alarmantes, mais pas inévitables. Nous devons résister à cette tentative de démantèlement des droits pour lesquels nos prédécesseurs se sont battus et qu’ils ont conquis. Et nous devons lutter pour une société libre pour les générations futures.