Nos vies valent plus que leurs profits

De la crise climatique capitaliste, sauvons-nous nous-mêmes !

Foret de Fontainebleau, juillet 2026. Source : wikipedia

En France, le mois de juillet a été le mois le plus chaud enregistré depuis la naissance des relevés météorologiques en 1900. Durant ce même mois, 120 000 hectares sont partis en fumée : soit l’équivalent de quatre terrains de foot par minute, sans interruption jour et nuit. On ne peut même plus parler « d’épisodes caniculaires » tellement ceux-ci ont fini par s’étirer sans fin pour former un immense dôme de chaleur permanent. Les corps sont épuisés : bosser, se déplacer et même dormir deviennent des épreuves. Pour celles et ceux qui sont en vacances, il devient difficile d’en profiter vraiment quand on n’a pas les moyens d’aller trouver un peu de fraîcheur ou de l’eau pour se baigner.

L’évidence nous brûle les yeux

Le fait que les canicules, les sécheresses, le manque d’eau potable, l’impossibilité des récoltes et les incendies géants vont devenir de plus en plus fréquents avec la crise climatique s’impose à nous. Ce qui doit s’imposer aussi désormais, c’est l’urgence de ne plus laisser les commandes de la société aux capitalistes et à ceux qui les servent. Pendant que les maisons brûlent, Macron chausse ses lunettes fumées et s’éclate en jet-ski à Brégançon. Tant pis si le pays ne compte que douze Canadair, vieux d’une trentaine d’années, et qu’il faudra attendre 2028 pour en avoir deux de plus et encore 2032 pour deux autres ! On ne manque pas d’avions Rafale : 150 sont en service, et bientôt il y en aura 234. Des avions de guerre plutôt que des bombardiers d’eau : c’est la morale des bourgeois gavés de profits. Trump, lui, vient de lancer un programme d’investissement de 700 millions de dollars d’argent public pour relancer la production de charbon dans treize États américains. C’est bien à l’échelle internationale que notre camp, celui des pauvres et des exploités, doit engager la lutte contre ces semeurs de mort.

Les pompiers appellent à la lutte

Les médailles et les remerciements ne suffisent plus aux pompiers. Ils l’ont dit clairement en ressortant de leur réunion avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez jeudi dernier. Le délai moyen d’intervention des pompiers est passé de 12 minutes et 30 secondes en 2014 à 15 minutes et 9 secondes en 2025, tandis que le ratio de pompiers, tous statuts confondus, pour 100 000 habitants a reculé. Il est passé de 400 en 2009 à 357 en 2024, selon les chiffres de la Direction générale de la sécurité civile. L’activité n’a quant à elle cessé de progresser, avec une hausse de 10 % en dix ans, soit 460 000 interventions en plus. Alors, ils réclament davantage de moyens, des milliers d’embauches et la prise en compte des risques professionnels auxquels ils sont exposés. Comme les soignants dans les hôpitaux et les Ehpad, comme les instits dans les écoles, comme les travailleurs du Samu social de Paris, en grève depuis un mois, c’est l’ensemble du monde du travail dans les services publics qui crève des restrictions budgétaires. L’été meurtrier auquel on est confronté fait ressortir de manière brûlante ce qui est du domaine du quotidien. Il n’y aura pas d’argent pour les pompiers a dit Lecornu. Il n’y aura pas d’argent pour aucun des services publics. 211 milliards ont été donnés en cadeaux aux grandes entreprises : le gouvernement a fait ses choix. À nous de faire les nôtres : se donner les moyens d’aller chercher cet argent, là où il est, dans les poches des actionnaires. L’intersyndicale des pompiers appelle à trois jours de mobilisation nationale les 26, 27 et 28 septembre sous forme de rassemblement statique place de la République à Paris, puis à rejoindre de « manière intensive » la journée de grève et de manifestations dans la fonction publique du 29 septembre. Un autre feu est possible : celui que peut allumer la convergence de toutes les colères sociales face à l’incurie des riches et des puissants !

Editorial du NPA-Révolutionnaires du 17 août 2026

 

 

[Télécharger l’éditorial au format ODT]