Nos vies valent plus que leurs profits

Cachez ces jeunes que je ne saurais voir

En pleine canicule comme en pleine Ligue des champions, la sentence est tombée pour les jeunes des quartiers populaires. Des flics qui coursent les gamins au canal Saint-Martin, des tirs au LBD et amendes à 1 000 euros pour ceux qui se rafraîchissent aux bouches d’incendies à Stains, encore des flics déchaînés contre les ados lors de la victoire du PSG, près de 900 interpellations, un déferlement raciste et sécuritaire sur les plateaux TV… et un jeune de 13 ans éborgné par un tir de LBD.

Pas le droit d’aller dans la rue ? Mais où aller, quand les appartements sont trop petits et se transforment en fours l’été ? Quand les piscines, les salles de sport, sont payants, ou fermés faute de moyens, ou le mobilier urbain démonté en raison des dispositifs anti-SDF ? Même en bas de chez soi, la police harcèle les jeunes, amende après amende, allant jusqu’à 80 000 euros dans l’Essonne. Pour la jeunesse dorée par contre, RAS. Les rallyes, les soirées péniches, les piscines de Stanislas et les terrains de golf ne verront pas l’ombre d’une matraque.

A.M.