
À peine sommes-nous sortis, en mai et en juin, de deux canicules qui ont soumis organismes et installations à rude épreuve, que nous voici plongés dans un nouvel épisode. Et cela se produira de plus en plus fréquemment.
Pour enrayer la crise climatique : en finir avec le capitalisme
Dans les usines ou les bureaux, les conditions de travail, souvent déjà difficiles, sont devenues intolérables. Dans les écoles, la température dans les classes a rendu illusoire tout apprentissage, quand cela n’a pas mis tout le monde en danger.
La seule action du gouvernement a été de dissoudre, le 28 mai dernier, un groupe de recherche sur la crise climatique, pile au milieu de la première canicule ! Le Fonds vert, justement créé pour aider les collectivités territoriales à l’adaptation climatique, a vu son budget, déjà insuffisant, divisé par trois.
Gestion désastreuse de l’eau avec des retenues destructrices de l’environnement et qui ne sont utiles qu’aux gros de l’agrobusiness, élevages industriels géants et polluants, autorisation de pesticides dangereux, bétonisation à outrance : la voilà, l’action du gouvernement, qui déroule le tapis rouge à TotalEnergies qui continue de forer, avec la bénédiction des banques qui l’arrosent de crédits. En attendant, la température monte, et un tiers des espèces animales et végétales sont menacées de disparition.
La pollution s’aggravera tant que le capitalisme existera, avec ce pouvoir exorbitant qu’ont les capitalistes de décider ce qui se produit et la manière dont cela se fait. La lutte contre la crise climatique est indissociable de celle pour abattre le système capitaliste.
Dès aujourd’hui, des mesures d’urgence peuvent et doivent être prises
L’Institut de recherche sur la sécurité (INRS) donne un maximum à 23 °C : pourquoi n’est-ce pas une loi ? En attendant, travailleurs, profs et élèves doivent refuser collectivement d’être soumis à des conditions extrêmes. Nous devons pouvoir réorganiser le temps de travail, et le réduire, car nous sommes les mieux placés pour déterminer s’il est possible ou non de travailler quand la température monte. Et il faut d’urgence du matériel adéquat dans les hôpitaux, les Ehpad, en attendant une refonte plus profonde.
Une refonte qui n’a que trop tardé ! Les experts alertent sur les conséquences du réchauffement climatique depuis plus de trente ans, et ont proposé non seulement des mesures pour enrayer la montée des températures, mais des solutions d’adaptation pour l’immédiat. Dans certaines écoles, en pleine canicule, la température dans les classes était de 23 °C grâce à un bâti adapté, à la végétalisation des cours de récréation. Divers rapports (Oxfam, mais aussi Sénat et Assemblée nationale) ont chiffré une telle adaptation entre 40 et 50 milliards, soit 5 milliards par an pendant dix ans. À comparer à la rallonge de 36 milliards portant l’enveloppe du budget militaire sur la période 2024-2030 à 436 milliards ! Et ne parlons même pas des 211 milliards de subventions directes ou indirectes que l’État accorde chaque année aux entreprises. Des sommes dont une bonne part serait bien plus utile pour le bâti des hôpitaux, des écoles, des immeubles, pour la débétonisation et la végétalisation des villes.
Certaines de ces mesures d’urgence dépendent d’un combat politique national à construire. Mais d’autres dépendent de notre mobilisation sur notre lieu de travail. En tout cas, ni les patrons ni le gouvernement ne nous accorderont rien d’eux-mêmes : les mesures d’urgence, il faudra les imposer !
Jean-Jacques Franquier