Nos vies valent plus que leurs profits

La mairie de Paris brûle ses déchets en banlieue

Dimanche 31 mai, 400 manifestants ont répondu à l’appel de collectifs dont Réduire, réutiliser, recycler (C3R) et les Soulèvements de la Terre. Alors que les études réalisées par ces associations démontrent la toxicité des incinérateurs de déchets ménagers, la ville de Paris voudrait en construire un nouveau à Vitry-sur-Seine (94) qui alimenterait les réseaux de chauffage de la capitale. Il s’agirait du quatrième incinérateur dans le département, prenant les habitants dans l’étau des fumées toxiques.

La marche a commencé devant l’école Dulcie-September à Ivry-sur-Seine, à moins de 200 mètres de l’incinérateur actuel, où les enfants peuvent voir le panache de fumée depuis la cour. L’air qu’ils respirent est le même que celui des ouvriers portant multiples protections dès qu’ils entrent sur le site – les enfants étaient nombreux dans le défilé avec leurs enseignants et leurs parents.

Les discussions ont fusé sur le manque de réaction des mairies d’Ivry et de Vitry. Le maire PCF réélu de Vitry avait accepté de discuter du projet avec la mairie de Paris avant les élections municipales puis il a fait campagne contre… tout en sollicitant le soutien de Marine Tondelier alors que c’est son parti, les Verts, qui défend cet incinérateur au conseil de Paris. La majorité municipale de Vitry oscille entre un accompagnement institutionnel et une opposition de façade à un projet très impopulaire, tout en prenant soin de ne pas contribuer à mobiliser la population.
Le site prévu est occupé actuellement par une scène de concert, le Kilowatt. Celle-ci serait donc remplacée non seulement par l’incinérateur, mais aussi par un data center, autre source de pollution en masse.

La mairie de Paris défend une « valorisation » des déchets qui permettrait de chauffer les logements et les hôpitaux tout en étant « neutre en carbone ». Mais il est désormais prouvé, malgré des années d’omerta organisée par les groupes capitalistes comme Suez et les pouvoirs publics, que les incinérateurs émettent des toxines cancérigènes comme des dioxines et d’autres microparticules.
Les manifestants discutent de comment se retrouver tous les mois pour lutter contre ce nouvel incinérateur. Quelques-uns envisagent de « monter une ZAD », d’autres de « résister face au capitalisme ». La jonction avec les travailleurs des incinérateurs, les premiers exposés, sera indispensable pour mener ce combat.

Correspondant