Éditions du sous-sol, 2026, 176 p., 21,50 €
Dahlia de la Cerda, journaliste et militante féministe au Mexique, autrice notamment d’un autre roman traduit en français (Chiennes de garde) nous livre ici six courtes nouvelles qui décrivent la vie de jeunes femmes mexicaines livrées aux violences du narcotrafic et de l’armée. La pauvreté, les problèmes d’addiction, la violence physique (et les violences sexuelles) sont encore, au XXIe siècle, leur lot quotidien.
Les récits convergent autour d’une mystérieuse figure, Médée (du nom de l’héroïne de la mythologie grecque qui s’est vengée de son compagnon infidèle en tuant ses enfants), vêtue entièrement de noir, qui sillonne les routes à bord de sa voiture pour venir en aide à ces jeunes filles. Elle leur propose des solutions pour s’extraire de leur milieu, de quitter leur conjoint violent, et leur propose des moyens d’avorter dans des conditions sûres, de s’occuper correctement de leurs enfants quand elles les élèvent seules. Mais aussi de retrouver le corps de leurs enfants assassinés par les gangs. Cette dénonciation de l’oppression des femmes et de la misère ne cède jamais au misérabilisme ou au défaitisme. Comme le résume une de ces femmes : « Je ne peux pas modifier mon passé, parce que c’est un homme qui l’a écrit, mais je peux encore changer mon présent. »
Un style original (et même déconcertant, dans la mesure où il emprunte autant de références à TikTok qu’à la mythologie mexicaine), particulièrement prenant, qui rend la lecture addictive.
R. K.
