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Brèves

L’actualité en bref

Depuis deux ans, Benjamin Netanyahou est sous pression pour créer un organe chargé de faire la lumière sur l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et les responsabilités du gouvernement israélien dont il était déjà Premier ministre. Après avoir longtemps tergiversé, il a finalement annoncé un projet de loi qui vise à la création d’une commission d’enquête spéciale, un « comité équilibré chargé d’enquêter sur les événements ». Sauf que, contrairement à la législation israélienne, ce n’est pas la Cour suprême qui désignera les membres de cette commission mais… principalement Netanyahou lui-même et ses amis. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Le lendemain de cette décision, un groupe de familles de victimes a appelé la population à rejoindre sa lutte contre ce qu’un père de soldat tué a qualifié de « honteuse fraude politique ». Un genre de fraude dont le génocidaire de Jérusalem est un habitué.

L’administration Trump a publié un spot de fin d’année où le père Noël est un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, c’est-à-dire la police de l’immigration) qui expulse des migrants. En légende, l’ICE promeut son plan de départs volontaires. On peut y lire : « Évitez la liste des vilains du père Noël ! Expulsez-vous vous-même dès aujourd’hui avec l’application CBP Home, gagnez 3 000 dollars (2544 euros) et passez Noël en famille. Cette offre spéciale est valable jusqu’à fin 2025. » Sur son site, le ministère américain de la Sécurité intérieure en a remis une couche en indiquant que « les étrangers en situation irrégulière qui ne profitent pas de cette offre spéciale aujourd’hui n’ont qu’une seule alternative : ils seront arrêtés, expulsés et ne pourront plus jamais revenir aux États-Unis ». Le tout au son d’une musique à la guitare électrique. Dans un passé récent, l’administration américaine avait déjà publié des vidéos comparant les migrants à des Pokémon. Des dirigeants ignobles et fiers de l’être.

Huit militants du groupe Palestine Action sont en grève de la faim depuis cinquante jours. Ils sont détenus depuis un an sans procès après une action contre un site de l’entreprise d’armement israélienne Elbit à Filton, près de Bristol. Deux d’entre eux, Kamran Ahmed et Quesser Zuhra, ont été hospitalisés en urgence dans un état critique. Leurs avocats demandent leur libération conditionnelle ce que refuse le ministère de la justice britannique. Palestine Action a été interdit par le gouvernement britannique en juillet 2025, ce qui a conduit à des manifestations de protestation et à plus de 2 000 arrestations. Cette interdiction est partie intégrante de la politique pro-israélienne du gouvernement travailliste de Keir Starmer qui vise aussi à criminaliser le soutien à la Palestine. Liberté pour les militants de Palestine Action !

Le nom « La Négresse » a été finalement retiré ces jours-ci du péage autoroutier de Biarritz géré par Vinci Autoroutes. Cette décision fait suite à une décision de la cour administrative d’appel de Bordeaux qui avait ordonné, en février dernier, à la ville de Biarritz de débaptiser un quartier et une rue portant ce nom à connotation raciste et sexiste et qui portait atteinte à la dignité humaine. La ville s’est exécutée pour la rue mais refuse de le faire pour le quartier affirmant que c’est un nom d’usage qui n’est pas de son ressort. Ce combat est mené, depuis 2013, par l’association anti-raciste Mémoires et partages, qui compte maintenant s’attaquer aux commerces locaux et au quartier portant encore ce nom. Notons que ses membres ont subi maintes attaques sur Internet allant jusqu’à des menaces de mort. Décidément le racisme a la peau dure…

Huit militants écologistes du mouvement Extinction Rebellion ont été jugés par le tribunal de Saverne, dans le Bas-Rhin, pour avoir alerté, par des tags sur un pont d’autoroute à Dorlisheim, contre l’enfouissement de déchets toxiques dans l’ancienne mine de potasse de Stocamine. Ils avaient écrit : « Stocamine contamine ». Pour ce délit « gravissime » le parquet a requis trois mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende pour chacun d’eux. Des peines supérieures à celles que le parquet demande généralement contre les flics tabasseurs ou contre les membres de la Coordination rurale qui saccagent des bâtiments publics. Deux poids deux mesures.

La branche française de l’équipementier finlandais Nokia a officialisé la suppression de 421 postes sur ses sites de Paris-Saclay (343 postes) et de Lannion (84 postes) dans les Côtes-d’Armor. Cela représente plus de 18 % des 2 300 salariés de Nokia France. C’est le septième plan de suppressions d’emplois depuis que l’entreprise a été rachetée au groupe Alcatel-Lucenr en 2016. Ce plan de licenciements, appelé rupture conventionnelle collective, a été cautionné et signé par les syndicats CFDT et CFE-CGC. L’entreprise ne se porte pourtant pas trop mal puisqu’elle a réalisé l’an dernier un bénéfice de 846 millions d’euros. Ces suppressions d’emplois devraient lui permettre d’accroître encore ses marges. Non aux licenciements, répartition du travail entre tous !

Le ministère de l’Intérieur a dévoilé un premier bilan de la circulaire Retailleau contre les demandeurs d’asile et les migrants neuf mois après sa présentation. Alors que la répression se durcit, les demandes de régularisation ont chuté de 42 %, beaucoup de migrants se cachant désormais et n’osent plus aller faire régulariser leur situation auprès de l’administration de peur d’être interpellés. Cette circulaire, dévoilée le 23 janvier dernier, permet aux préfets de réprimer, en toute légalité, les demandeurs d’un titre de séjour. Ce texte pose comme conditions à « l’admission exceptionnelle au séjour » sept ans de présence sur le territoire, la maîtrise du français, l’absence d’une obligation de quitter le territoire français préalable et d’éléments considérés comme une menace à l’ordre public. Conséquence : seulement 11 012 titres de séjour ont été délivrés à des étrangers au titre de l’admission exceptionnelle entre janvier et septembre, contre 19 001 sur la même période de 2024. Non seulement il faut abolir cette circulaire raciste, dénoncée par les associations d’aide aux étrangers, mais tous les sans-papiers doivent être régularisés. Bienvenue aux migrants !

Dans le cadre du blocus naval instauré par Washington contre les navires liés à Caracas, les États-Unis ont poursuivi, pour la troisième fois, un pétrolier soupçonné de violer les sanctions qu’ils ont unilatéralement imposées au régime de Nicolas Maduro. Ces interventions surviennent alors que Donald Trump affirme que le Venezuela se sert de l’or noir, sa principale ressource, pour financer « le narco-terrorisme, la traite des êtres humains, les meurtres et des enlèvements ». Des accusations parfaitement bidon qui n’ont jamais été étayées mais qui servent à Trump de prétexte pour tenter d’affaiblir un régime qui lui tient tête et, à terme, de le renverser et de mettre la main sur ses richesses pétrolières. La première victime de ce blocus naval est le peuple vénézuélien lui-même qui en subit les conséquences directes : inflation galopante, pénuries alimentaires, explosion de la pauvreté. Hors d’Amérique latine, l’impérialisme américain !

Le dirigeant de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, vient de réprimander sévèrement Air France. Objet de son courroux : la compagnie aérienne a choisi le système Starlink d’Elon Musk pour fournir du Wifi très haut débit à bord de ses avions. Et de se lamenter qu’une entreprise américaine ait été choisie au détriment d’une entreprise bien de chez nous, en l’occurrence l’opérateur de satellites Eutelsat. Le tout au nom d’un patriotisme économique qui n’a pas grand-chose à voir avec la défense des intérêts des travailleurs et qui tend à présenter le capitalisme français sous un jour plus favorable que ses concurrents. Une escroquerie et une impasse.