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Brèves

L’actualité en bref

Le milliardaire d’extrême droite Elon Musk, encouragé par tout le camp trumpiste, vient de lancer sa propre encyclopédie en ligne pour concurrencer Wikipédia, qu’il accuse d’être « contrôlé par des activistes d’extrême gauche ». Il a donc créé « Grokipedia » dont la version 0.1 serait déjà riche de près de 900 000 définitions, générées par intelligence artificielle (IA). Elle vient compléter Grok, l’assistant IA du réseau social X. « Le but de Grok et de Grokipedia est la vérité, toute la vérité, rien que la vérité », a affirmé Musk. Mais en consultant cette nouvelle encyclopédie on apprend par exemple que la principale caractéristique des manifestations du mouvement des droits civiques de 2020 « Black Lives Matter » (les vies noires comptent) est d’avoir été « les plus coûteuses de l’histoire des assurances pour les dommages aux biens ». Quant à Grok il a publié des messages à caractère antisémite et faisant l’apologie d’Hitler. Avec de tels défenseurs, la vérité n’a pas vraiment besoin d’ennemis.

La multinationale de l’e-commerce a annoncé le licenciement immédiat de 14 000 salariés, chiffre qui pourrait grimper sur plusieurs mois à 30 000, concrétisant la volonté affichée de son PDG, Andy Jassy, de « réduire les coûts ». Amazon emploie environ 1,5 million de personnes à travers le monde. Toujours pour des questions de rentabilité, l’entreprise avait déjà procédé à 27 000 licenciements au cours de l’hiver 2022-2023. L’an dernier, Amazon a réalisé des résultats exceptionnels avec un chiffre d’affaires de 638 milliards de dollars (547 milliards d’euros), en hausse de 11 % sur l’année précédente, et a doublé ses bénéfices, qui ont encore progressé de plus de 10 % depuis le début de cette année. Encore insuffisant pour les actionnaires qui veulent pressurer toujours plus la force de travail.

Le géant français du transport maritime CMA CGM, propriété du milliardaire franco-libanais Rodophe Saadé, présent dans 160 pays avec 160 000 salariés, desservant 420 ports et opérant 250 lignes maritimes, a signé un accord de 30 ans avec le nouveau régime syrien pour l’exploitation et l’agrandissement du port de Lattaquié. Saadé se donne pour objectif d’investir 223 millions d’euros afin d’augmenter la capacité du port pour traiter plus d’un million de conteneurs par an, faciliter le flux constant de marchandises vers et depuis la Syrie mais aussi (et surtout pourrait-on dire) renforcer la présence de l’impérialisme français en Méditerranée orientale. Sur les ruines d’un pays caractérisé par la corruption, la déliquescence de l’économie, les destructions massives et la misère de la population, les capitalistes continuent de faire de juteuses affaires.

Le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka se rendait à la brasserie Lip, boulevard Saint-Germain, pour un rendez-vous. C’est alors qu’il fut abordé par deux policiers en civil qui le prièrent de monter dans leur voiture. Ce qu’il fit. Et il disparut à jamais. Ben Barka, était un opposant farouche au roi du Maroc, Hassan II, et une figure emblématique du mouvement anticolonialiste international. Son enlèvement, décidé par le souverain marocain, eut lieu avec la complicité de policiers français. Emmené dans une maison de la banlieue parisienne Ben Bark y fut torturé et mis à mort, sans doute sur ordre de Mohammed Oufkir, ministre de l’Intérieur du régime chérifien. Soixante ans plus tard le mystère de sa mort n’a jamais été élucidé même si des enquêtes, notamment de journalistes, ont mis en évidence dans cette affaire les liens entre barbouzes et services secrets français d’une part, la monarchie et l’appareil d’État du Maroc de l’autre. Mais de De Gaulle à Macron en passant par tous les autres présidents de la République qui se sont succédé, de droite comme de gauche, tous ont opposé le fameux « secret défense » aux juges chargés d’enquêter. La justice attendra encore quelques décennies.

C’est la presse Bolloré, et en particulier le Journal du dimanche repris par Europe 1, qui a lancé la charge contre deux députés LFI, Ugo Bernalicis et Danièle Obono, qui auraient voulu rencontrer Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé. Selon l’hebdomadaire, les deux parlementaires « chercheraient à démontrer que l’ancien chef de l’État bénéficierait d’un traitement de faveur ». Bien que Bernalicis et Obono aient démenti l’information en affirmant que la visite de l’établissement pénitentiaire s’inscrivait dans le cadre normal de telles démarches parlementaires prévues par le Code de procédure pénal, la droite n’a pas lâché le morceau. Bruno Retailleau y décèle de « l’indécence », quand Laurent Wauquiez considère que « LFI n’a aucune limite : instrumentaliser une visite en prison pour salir un ancien président de la République ». Pour sa part, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui compte lui-même se rendre dans la cellule de l’ex-président, dénonce « du tourisme pénitentiaire ». Seul intérêt de la polémique : elle a mis à nouveau en lumière les conditions effroyables qui règnent à la Santé avec une surpopulation carcérale de 190 %, des dizaines de matelas au sol et trois détenus dans 9 m²… sauf pour Sarkozy qui bénéficie d’une cellule individuelle et d’une autre réservée à ses deux gardes du corps. Tous les détenus sont égaux face à la détention… mais certains sont plus égaux que d’autres.

Selon le baromètre annuel du Médiateur national de l’énergie, plus du tiers des foyers (36 %) déclarent avoir peiné à payer certaines factures de gaz ou d’électricité ces douze derniers mois. Ces difficultés de paiement, qui concernaient 28 % des foyers en 2024 et 18 % en 2020, n’ont jamais été aussi nombreuses. Autre indicateur de l’ampleur de la précarité énergétique : la restriction de chauffage pour raison financière concerne toujours près des trois quarts des familles (74 %). Facteur aggravant de la situation : le chèque énergie, qui concerne 3,8 millions de foyers pauvres, n’a pas été versé au printemps, comme il devait l’être, mais ne le sera qu’en novembre. Ce versement décalé a été pénalisant pour 61 % des bénéficiaires et 35 % d’entre eux ont connu des difficultés de paiement pouvant aller (pour 10 % d’entre eux) jusqu’à une coupure ou une réduction d’énergie. Un indice de plus qui montre qu’une fraction de plus en plus importante des couches populaires devient de plus en plus pauvre et se prive du plus strict nécessaire.

Le 27 octobre, vingt ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, une cérémonie commémorative a eu lieu devant le lycée Robert-Doisneau, qu’ils fréquentaient, et un arbre a été planté à leur mémoire. Ces deux adolescents de 15 et 17 ans avaient été électrocutés dans un transformateur électrique EDF où ils avaient voulu se réfugier pour échapper à la police, paniqués, après une course poursuite alors qu’ils n’avaient rien à se reprocher. Pour expliquer le drame, les autorités avaient d’abord nié la réalité de la course-poursuite en inventant de toute pièce une tentative de cambriolage sur un chantier. Leur mort et l’attitude des autorités entrainèrent une série d’émeutes qui se propagèrent de Clichy-sous-Bois à l’ensemble du pays durant trois semaines, conduisant à la déclaration de l’état d’urgence. Aucun policier ne fut poursuivi pour ce drame. Depuis lors, les jeunes des quartiers populaires continuent d’être pourchassés par les forces de l’ordre, ce qui donne lieu régulièrement à d’autres meurtres. La seule chose qui a changé est qu’aujourd’hui la police est en possession… de beaucoup plus d’armes létales qu’il y a vingt ans.

Un homme de 39 ans a été placé en garde à vue pour le meurtre de sa femme par arme blanche à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon. Sa victime, âgée de 38 ans, était mère de trois enfants âgés entre 6 et 12 ans. Depuis le début de l’année, au moins 131 féminicides ont été enregistrés dans le pays. Selon les statistiques, et sans surprise, 82 % des auteurs de violences conjugales sont des hommes.

Alors que s’ouvre le mois prochain à Belém, au Brésil, la 30e conférence de l’ONU sur le climat (COP30), compagnies pétrolières et banques continuent d’investir à tout-va dans les énergies fossiles et polluantes. Dans un rapport qui vient d’être publié, un consortium d’associations (Éclaircies, Data for Good, Lingo et Reclaim Finance) pointe du doigt le fait que, depuis 2021, pas moins de 2 300 projets polluants ont été mis sur les rails. Le consortium souligne également qu’en dépit de leurs engagements climatiques, les 65 plus grandes banques mondiales ont, pendant la même période, accordé 1 600 milliards de dollars (1 370 milliards d’euros) aux entreprises impliquées dans les bombes carbone (c’est-à-dire qui pourraient générer plus d’un milliard de tonnes – ou une gigatonne – de CO2 et de nouveaux projets fossiles. À titre d’exemple, parmi les banques françaises, la Société générale a versé 23,2 milliards de dollars (20 milliards d’euros) à 56 entreprises, dont TotalEnergies ou ENI. Ces données confirment la passivité des États en matière de lutte contre le réchauffement planétaire, qui laissent faire leurs capitalistes, voire les aident. Sale temps pour la planète.