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Brèves

L’actualité en bref

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier une étude qui montre des parcours très différents des malades face au cancer selon qu’ils viennent de milieu modeste ou aisé. Le cancer touche différemment selon les classes sociales, et ce sont les plus modestes qui en font les frais. Les raisons : davantage d’exposition à certains facteurs de risque, moins de dépistages, des diagnostics souvent plus tardifs… Les 10 % les plus modestes ont des chances moindres de survie, avec un risque 1,7 fois plus élevé de cancer de mauvais pronostic comparé aux 10 % les plus aisés. « Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic », conclut la Drees dans un communiqué, en alertant sur la prévention. La pauvreté est donc un facteur aggravant de la maladie.

La disparition et le meurtre de Lyhanna, une enfant de 11 ans martyrisée par un pédocriminel qui avait pourtant déjà fait l’objet de nombreux signalements, a jeté une lumière crue sur les failles de la protection de l’enfance dans ce pays. Car ce fait divers horrible survient après les affaires de violences sexuelles et autres au lycée-collège de Bétharram, et dans d’autres établissements de l’enseignement privé catholique, la scandale du périscolaire à Paris et au sein des différentes branches de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et plusieurs affaires du même ordre. Pour les spécialistes du sujet, cet enchaînement dramatique démontre une chose : « Tout le système est défaillant en France », selon les mots d’Adeline Hazan, la présidente de l’Unicef, l’agence de l’ONU pour l’enfance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de victimes mineures enregistrées par les forces de l’ordre a bondi de 77 % en dix ans, passant d’environ 150 000 en 2015, à 290 000 en 2025. Sur cette période, la hausse des infractions à caractère sexuel a atteint même 156 %.

Aujourd’hui les responsables politiques – de Macron à Darmanin en passant par Attal, Philippe et Retailleau – affirment que la situation n’est pas acceptable et qu’il faut agir. Sauf que lorsqu’ils étaient aux affaires – et pour certains le sont encore – ils ont laissé les choses se dégrader, notamment en termes de budget consacré à la protection de l’enfance, à l’éducation ou à la justice. Et leurs promesses d’aujourd’hui n’engagent que ceux qui y croient.

Pour tenter de faire émerger un candidat unique de la gauche sociale-démocrate à la prochaine élection présidentielle Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, avait proposé d’organiser deux primaires. La première réunissant l’ensemble des candidats potentiels qui se reconnaissent dans ce courant, ensuite une seconde opposant le candidat arrivé en tête à ceux du PCF et des écologistes, hors La France insoumise. Mais l’euro-député Raphaël Glucksmann, qui dirige la petite formation Place publique, s’y est farouchement opposé qualifiant cette proposition de « machine à perdre ». Au lieu de cela il propose que le PS l’investisse et mette à sa disposition ses finances, ses militants et ses réseaux d’élus, car il serait, paraît-il, le mieux placé et battrait à plate couture… Mélenchon au premier tour. Il n’y a plus qu’à y croire. À noter que jusqu’à présent ceux qui ont participé, de près ou de loin, à ce débat (Faure et Glucksmann bien sûr, mais aussi Hollande, Cazeneuve ou Vallaud) ont fort peu parlé de leur programme. Et pour cause. Les rares fois où ils l’ont mentionné, leurs propositions ressemblaient comme deux gouttes d’eau à celles de la Macronie. Tout ça pour ça !

Les représentants du Liban et d’Israël ont publié une déclaration commune, avec ceux des États-Unis, pour officialiser la mise en place d’une trêve alors que la précédente, en vigueur depuis le 17 avril, n’a jamais été respectée par l’État sioniste. Et il en sera sans doute de même cette fois-ci. À peine la nouvelle trêve était-elle annoncée que le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avertissait que cette « déclaration de principes » prévoit « que l’armée, à ce stade, poursuive ses tirs et ses opérations sur le terrain », se maintienne dans la « zone de sécurité » frontalière, « y compris dans le secteur de Beaufort et sans retour de la population ». Selon lui l’accord permet également « la liberté d’action d’Israël, avec l’aval des États-Unis, de frapper Beyrouth en réponse à des tirs contre les localités et le territoire israéliens ». Autant dire que pas grand-chose ne va changer…

Les sénateurs républicains (LR) avaient proposé d’augmenter de 14 milliards la rallonge budgétaire de 36 milliards d’euros prévue dans la loi de programmation militaire qui porterait à 436 milliards le budget des armées à l’horizon 2030. Déçus par le refus du gouvernement d’accepter leur amendement, ils avaient voté contre toute augmentation. Depuis lors, les uns et les autres multiplient les déclarations pour souligner qu’ils ne veulent que du bien à l’armée. Le président LR de la commission de la Défense, Cédric Perrin, a expliqué : « Nous avons considéré que 436 milliards n’étaient pas suffisants pour assurer la sécurité de la France. » De son côté, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a appelé les parlementaires à opter pour un « cadre financier ambitieux et robuste, c’est-à-dire réaliste » et à « faire le choix de l’accélération soutenable du réarmement ». Et il est probable que tout ce petit monde va finir par se mettre d’accord en commission mixte paritaire députés-sénateurs en s’entendant comme larrons en foire… sur le dos des contribuables.

Les députés ont adopté une proposition de loi mise en avant par les écologistes visant à limiter l’exposition de la population au cadmium, un métal lourd toxique. Le texte envisage de réduire drastiquement les taux autorisés de cadmium dans les engrais phosphatés qui sont source d’accumulation de ce métal dans les sols agricoles, contaminant ensuite les sols et les êtres vivants. L’alimentation est la première source d’exposition au cadmium, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), par exemple via les céréales (blé, riz), très consommées. En 2025, près de la moitié de la population française présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence. Cette situation catastrophique n’a pas empêché le gouvernement de s’opposer au projet de loi au nom de « la défense de la compétitivité de l’agriculture française ». Lecornu et compagnie ont maintenant bon espoir que le projet de loi soit retoqué au Sénat où les tenants de l’agrobusiness comptent de nombreux supporters.

En 1975, le réalisateur allemand Wim Wenders filmait la très jeune actrice Nastassja Kinski, alors âgée de 13 ans, vêtue uniquement d’un slip et allongé à côté d’un homme adulte en sous-vêtements dans Faux Mouvement. Depuis des années, elle demandait, sans succès, le retrait de cette scène du film l’assimilant à de la pédopornographie. Finalement, après avoir qualifié cette demande de « censure », le réalisateur, aujourd’hui âgé de 80 ans, a annoncé le retrait de son film en soulignant qu’à l’époque « Nastassja Kinski aurait dû être mieux protégée » et en admettant que « les nombreuses réactions, remarques et discussions des derniers jours ont largement contribué à affiner mon regard sur les événements d’alors ». Pour Christian Schertz, l’avocat de l’actrice, Faux Mouvement aurait dû être retiré « depuis longtemps » et cette décision n’arrive qu’en raison de « la pression publique ». #MeToo est passé par là.

Le Parlement a adopté une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Ce pesticide a été utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et à la Martinique jusqu’en 1993 malgré des alertes de l’Organisation mondiale de la santé sur sa dangerosité. Plus de 90 % de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate. Pendant des décennies, les pouvoirs publics sont restés les bras croisés en laissant les planteurs de bananes utiliser ce produit qui a non seulement empoisonné les populations mais aussi les sols, les eaux et la végétation. L’adoption de cette loi est une petite avancée pour les victimes et leurs familles mais, pour l’instant, leur indemnisation a été repoussée aux calendes.

Dans le cadre du festival « Besac Antifa Fest », l’ancien prisonnier politique et avocat franco-palestinien Salah Hamouri devait prendre la parole le 4 juin lors d’une conférence intitulée « Question palestinienne, où en est-on ? ». Mais la conférence a été interdite par le préfet dans le « contexte géopolitique actuel », prétextant de supposés risques de « troubles à l’ordre public ». En tentant d’interdire sa parole publique, le préfet du Doubs se fait le relais de la répression politique menée à l’encontre de Salah Hamouri par l’État génocidaire d’Israël depuis des décennies. Une censure scandaleuse qui vise à faire taire l’une des principales voix de solidarité avec le peuple palestinien en France et s’inscrit dans une offensive plus large de criminalisation du mouvement de soutien à la Palestine.