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Brèves

L’actualité en bref

C’est à Nairobi, au Kenya, qu’a eu lieu le sommet « Africa Forward » (Afrique en avant) qui réunissait la France d’un côté et différents pays africains de l’autre. À en croire le locataire de l’Élysée, il s’agirait d’ouvrir une nouvelle ère dans les relations franco-africaines. En fait, plus prosaïquement, Paris, qui au cours des années s’est fait tailler des croupières dans ses anciennes colonies africaines, espère se remettre en selle en promettant à ses hôtes des milliards d’investissements, publics et privés. Macron avait d’ailleurs emmené dans ses bagages des représentants de plusieurs centaines d’entreprises tricolores. Bref une tentative de redonner un second souffle au capitalisme français sur un continent où il conserve, malgré ses déboires, de solides intérêts.

Alors que l’on vient de célébrer la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, il est bon de rappeler que la problématique de l’esclavage n’est pas seulement un sujet mémoriel mais est toujours d’actualité dans nombre de territoires ultra-marins. C’est ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique, à la Guyane et à La Réunion, des collectifs exigent des réparations non plus seulement de la part de l’État, qui a instauré le système, mais aussi de grandes familles de blancs, appelés « békés » en Martinique et « blancs-pays » en Guadeloupe, qui se sont enrichies sur la sueur des esclaves. Leurs descendants, comme Christian Vivès et Bernard Hayot, sont des figures économiques de premier plan qui contrôlent largement l’économie des Antilles. Une partie importante des terres, de l’agroalimentaire ou de la grande distribution reste concentrée entre les mains de ces héritiers de fortunes construites pendant la période esclavagiste. À l’autre bout de l’échelle, la proportion de familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté est nettement plus élevée qu’en Métropole. Avec l’abolition, les esclaves sont devenus prolétaires et leurs propriétaires capitalistes. Un jour ou l’autre il faudra bien leur faire rendre gorge.

Jordan Bardella cumule la présidence du Rassemblement national avec son mandat de député européen. À Bruxelles il est même à la tête, depuis juillet 2024, du groupe « Les Patriotes pour l’Europe », qui regroupe les députés d’extrême droite de différents pays. À ce titre, il est supposé participer à la conférence des présidents qui organise les travaux du Parlement européen. Or, nous apprend La Lettre, il s’est surtout fait remarquer dans cette instance… par son absentéisme. Il affiche en effet un taux d’absence de 77 %, record absolu parmi ses pairs. Il ne fait guère mieux dans la commission des Affaires étrangères, dans laquelle il siège également, puisqu’il n’a participé depuis le début de la législature qu’à 11 réunions sur 32. D’où sa réputation de « député fantôme », qui ne l’empêche pas d’ailleurs de toucher chaque fin de mois quelque 15 000 euros d’indemnités diverses.

C’est le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui l’a fièrement annoncé sur le réseau X. « C’est fait ! L’Union européenne sanctionne aujourd’hui les principales organisations israéliennes coupables de soutenir la colonisation extrémiste et violente de la Cisjordanie, ainsi que leurs dirigeants. » Et de conclure : « Ces actes gravissimes et intolérables doivent cesser sans délai. » Cause toujours ! L’accord laborieux conclu entre les 27 après des mois de négociation ne changera rien sur le terrain. Et pour cause. Les colons, violents ou non, sont sur place avec le plein appui de l’armée et des autorités et la spoliation des Palestiniens de leurs terres et de leurs maisons est planifiée au plus haut niveau de l’État. Un État que l’Union européenne continue de soutenir dans ses différentes guerres et annexions en se refusant à appliquer toute sanction à son égard.

Le New York Times, quotidien peu suspect de sympathie à l’égard des Palestiniens, et encore moins du Hamas, vient de publier une enquête qui indique que les violences sexuelles israéliennes sur les détenus palestiniens sont généralisées. Ces violences contre des hommes, des femmes et même des enfants sont commises par des soldats, des colons, des interrogateurs de l’agence de sécurité intérieure Shin Bet et, surtout, par des gardiens de prison. Israël a bien sûr démenti en parlant d’une « campagne anti-israélienne mensongère et soigneusement orchestrée ». Sauf que les dénonciations du quotidien américain ne sont pas isolées. Déjà, en février, le Comité pour la protection des journalistes avait dénoncé des violences systémiques, notamment sexuelles, sur les journalistes palestiniens dans des prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026. Pour faire contrepoids une commission d’enquête israélienne a publié un rapport affirmant que le Hamas et d’autres groupes palestiniens s’étaient rendus coupables de « violences sexuelles systématiques, à grande échelle » lors de l’attaque du 7 octobre. Cette publication est de toute évidence un contre-feu à la dégradation de l’image d’Israël dans presque tous les pays du monde face au génocide des Palestiniens. Quelle que soit la part de vérité qu’il puisse contenir, le comportement criminel des uns ne peut ni justifier, ni cautionner celui des autres.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont réunis pour discuter de possibles sanctions à prendre contre les colons israéliens coupables de violences en Cisjordanie et, éventuellement, contre les ministres d’extrême droite qui les soutiennent. Le problème est on ne peut plus d’actualité. Selon des rapports palestiniens, des colons auraient mené plus de vingt attaques à travers la Cisjordanie au cours du week-end dernier, blessant plusieurs personnes et incendiant des maisons. Mais la question des sanctions est un feuilleton à épisodes qui n’aboutit jamais du fait des désaccords entre les pays membres mais aussi, et surtout pourrait-on dire, par manque de volonté politique de sanctionner l’État sioniste. Car si les colons peuvent se montrer violents, c’est qu’ils sont assurés du soutien de l’armée et de tout l’appareil d’État. Mais sanctionner certains d’entre eux, voire imposer des taxes aux produits agricoles produits dans les colonies « illégales », sera un coup d’épée dans l’eau. Comme il n’est toujours pas question de suspendre l’accord de coopération Union européenne-Israël, le reste est du bla-bla pour amuser la galerie.

Tous les ans la commune avait l’habitude de célébrer le 10 mai la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage instituée depuis 2006, le jour anniversaire de l’adoption de la loi portée par Christine Taubira. Mais la nouvelle municipalité d’extrême droite, dirigée par une coalition du Rassemblement national et de l’Union des droites d’Éric Ciotti, a décidé de zapper la date en question en mettant en avant deux « arguments ». D’abord, la commémoration coûtait trop cher (1 500 euros, ce qui n’est pas la mer à boire) et, de plus, l’esclavage n’existe plus. Outre le fait qu’il n’est jamais inutile de se remémorer une page sombre de l’Histoire (la France fut en son temps une des premières puissances esclavagistes), dire qu’aujourd’hui l’esclavage a disparu est aller un peu vite en besogne. L’ONU chiffre à 50 millions le nombre de personnes qui vivent une forme d’esclavage actuellement dans le monde et la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains établit quant à elle à plus de 7 000 le nombre de victimes d’esclavage aujourd’hui dans ce pays. Mais pour l’extrême droite, dans la mesure où la plupart des victimes sont des migrants, tout cela compte pour du beurre.

Lors des célébrations de la journée du 8 mai organisées par la mairie, les participants ont été un peu étonnés d’entendre le vieil hymne pétainiste Maréchal, nous voilà ! diffusé à fond par les haut-parleurs de la place. Il faut dire que, depuis les dernières élections municipales de mars dernier, c’est le Rassemblement national qui a pris les rênes de la municipalité. Cette initiative a suscité des remous et a conduit le parquet à ouvrir une enquête. Finalement la mairie s’est excusée pour cette « erreur », rejetant la faute sur le prestataire chargé de la programmation musicale. Nouvel accroc dans les efforts faits par le RN pour se « respectabiliser ». Mais chassez le naturel, il revient au galop…

Selon un sondage YouGov pour le HuffPost, face à la hausse des carburants, 66 % des personnes interrogées souhaitent taxer les bénéfices exceptionnels que réalisent les entreprises pétrolières. Sans surprise, cette mesure est très populaire à gauche (85 % des sympathisants et électeurs du Parti socialiste y sont favorables) mais aussi dans le camp présidentiel (67 % de pour) et même chez les Républicains (59 %). Ce qui n’empêche pas le gouvernement, non seulement de refuser de prendre une telle mesure mais, de plus… de voler au secours de TotalEnergies. « On a la chance d’avoir une major, Total, qui produit du pétrole, le raffine, bloque les prix sur les ponts de mai », et, plutôt que l’attaquer « il faut le saluer » a déclaré le ministre du Commerce, Serge Papin, sur Franceinfo. Quant à la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, elle a tenu à affirmer : « C’est facile de tomber dans le Total bashing, c’est l’entreprise française que l’on adore détester. Mais avoir un grand pétrolier, c’est un outil de souveraineté et d’indépendance important. » En résumé, pas touche aux superprofits des pétroliers. Les automobilistes continueront de payer l’addition.