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Brèves

L’actualité en bref

Le cinquième baromètre réalisé par l’Ifop pour l’Autre Cercle, un organisme qui accompagne l’inclusion des personnes LGBTQIA+ au sein du monde professionnel, indique que plus d’un salarié LGBT+ sur trois (37 %) a été victime d’au moins une agression sur son lieu de travail dans l’année écoulée. Cela représente une augmentation de 12 % sur 2024. Si, globalement, la visibilité de ces salariés augmente, il en va de même des agressions et des insultes subies du genre « pédé, gouine, enculé ». En outre, les discriminations proviennent souvent des directions d’entreprise que ce soit au niveau du recrutement, des inégalités de salaire ou encore d’un manager qui refuse de confier une mission à un salarié LGBT du seul fait de son orientation sexuelle. Une situation liée à l’atmosphère délétère entretenue à leur égard par toute une partie de la société, soutenue par la tranche la plus réactionnaire de la classe politique.

Un collectif de quatre associations de livreurs vient de déposer plainte contre les plateformes de livraison de repas Uber Eats et Deliveroo qu’il accuse de « traite d’être humains » par le travail. On dénombre actuellement entre 70 000 et plus de 100 000 livreurs et, selon plusieurs sources, 98 % d’entre eux sont nés à l’étranger et 64 % sont sans titre de séjour. Ils travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour 1 480 euros brut mensuels. En outre plusieurs rapports médicaux, dont celui de Médecins du monde, pointent « une situation médico-sociale alarmante, étroitement liée à une mise en précarité administrative et socio-économique des livreurs et au dévoiement du statut d’auto-entrepreneur ». Beaucoup vivent dans des logements précaires. Directement ou via des intermédiaires, les plateformes de livraison pratiquent à leur égard une forme d’esclavage moderne que le collectif espère faite condamner par les tribunaux.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé les « crimes de guerre » du Hezbollah après la mort de deux soldats français qui faisaient partie des casques bleus de l’ONU. Il a ajouté : « On veut surtout que les responsables soit punis pour les crimes qu’ils ont commis » assurant que la France faisait pression sur les autorités libanaises pour obtenir des informations. Mais, dans le même temps, pas un mot sur les « crimes de guerre » commis dans le pays par Israël dont l’intervention a fait au moins un millier de morts (dont 116 enfants), 2 500 blessées (dont 334 enfants), plus d’un million de personnes déplacées alors que l’armée sioniste rasait plus d’une cinquantaine de villages, interdisant à leurs habitants de revenir. Il s’agit non seulement de « crimes de guerre » mais aussi de « crimes contre l’humanité » que Barrot et Macron se refusent à voir et à fortiori à condamner.

Une fois n’est pas coutume. Les journalistes de deux titres de la presse économique, Challenges et La Tribune, ont observé un mouvement de grève pour dénoncer les attaques contre leur indépendance venant de leurs propriétaires milliardaires respectifs. Challenges est la propriété du patron du groupe LVMH, Bernard Arnault, et La Tribune appartient à l’armateur Rodolphe Saadé. Les grévistes veulent faire respecter l’intégrité éditoriale et le pluralisme de l’information dans ces deux titres. Ce n’est pas gagné. Il est cependant amusant de noter que ces journalistes de la presse économique, une presse largement favorable aux patrons de tout poil, ne se dressent contre eux que lorsqu’ils s’attaquent à leur pré-carré. Mais, en dehors de ça, ce ne sont pas les derniers à condamner les grèves lorsqu’elles se produisent ailleurs.

Le 21 avril, l’écrivain d’origine algérienne Kamel Daoud, qui vit et publie en France, a été condamné en Algérie à trois ans de prison en vertu d’une loi qui interdit d’évoquer la guerre civile qui a opposé l’armée et la police algériennes aux islamistes de 1992 à 2002 au nom de la « réconciliation nationale ». Au cours de ces affrontements, des massacres ont été commis par les islamistes aussi bien que par la dictature militaire qui a profité de l’occasion pour éliminer des opposants. Daoud, lui-même islamiste repenti, a choisi depuis qu’il vit en France de faire de l’islamophobie son fonds de commerce et de collaborer avec des médias de droite et d’extrême droite comme Le Point et Causeur. L’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, peu connu pour son amour de la liberté, et l’actuelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, se sont empressés de voler à son secours, alors qu’il ne risque guère de purger sa peine, sauf s’il lui venait l’idée de retourner en Algérie. La « justice » n’a pas grand-chose à voir avec ce règlement de comptes entre une dictature militaire liberticide et un intellectuel algérien qui s’est mis au service de l’impérialisme occidental et de la propagande xénophobe.

Le dernier rapport du Lancet Countdown Europe, structure sur l’étude du climat liée à la revue scientifique britannique The Lancet, vient de sortir. Les chiffres, qui portent sur l’année 2024, sont particulièrement alarmants. Ils mettent en lumière les liens étroits entre santé et climat sur le continent européen qui se sont traduits par une hausse des incendies et des cas de dengue, la multiplication des jours de canicule mal vécus par les nourrissons ou les personnages âgées, etc. Les vagues de chaleur ont été directement responsables d’au moins 62 775 décès supplémentaires répartis dans tous les pays. Le continent européen est celui qui se réchauffe le plus vite dans le monde. Tous les voyants sont au rouge mais le capitalisme continue sa course comme si de rien n’était.

Selon Al-Jazeera et Liberty Investigates douze universités, dont les plus prestigieuses du pays (Oxford, Imperial College, London School of Economics, University College, King’s College, etc.) ont payé la société privée de sécurité Horus (Horus Security Consultancy Limited) pour espionner des étudiants et des enseignants-chercheurs pro-palestiniens au nom de l’évaluation « de menaces terroristes ». Depuis 2022 Horus a reçu au moins 440 000 livres sterling (plus de 500 000 euros) pour faire son sale boulot qui a consisté notamment à passer au crible les réseaux sociaux animés par les étudiants, à espionner leurs réunions et à passer au crible le profil des personnalités invitées à s’exprimer dans les locaux universitaires. Ce flicage s’ajoute aux interdictions des meetings pro-palestiniens et aux sanctions prises à l’égard de celles et ceux qui les animent.

Un rapport publié sous l’égide du Conseil norvégien pour les réfugiés montre que les colons et les soldats israéliens utilisent de plus en plus le harcèlement sexuel pour accélérer le nettoyage ethnique des Palestiniens. L’intérêt de ce document accablant, intitulé Violences sexuelles et déplacements forcés en Cisjordanie, n’est pas seulement de rappeler les effets de la colonisation et de l’occupation sur les populations palestiniennes mais aussi de mettre en lumière le type de violence, sexiste et sexuelle, opérée par les colons israéliens. À noter que ces derniers n’ont pas hésité à filmer « leurs exploits » et à poster ensuite des vidéos sur les réseaux sociaux. Une infamie de plus…

Le quotidien américain le New-York Times a consacré un long article au milliardaire français Pierre-Édouard Stérin, exilé fiscal en Belgique depuis plus de dix ans mais qui utilise sa fortune pour promouvoir les idées de droite et d’extrême droite en structurant un écosystème complet incluant formation de candidats, financement de médias, mais aussi soutien à des groupes de réflexion et à des influenceurs proches de la fachosphère. Il affirme au journal que ses instituts ont formé au moins 4 000 candidats lors des dernières élections municipales. Stérin confie au journaliste qui l’interviewe : « Je rêve d’une France qui redécouvre ses racines chrétiennes », plus libérale économiquement, plus conservatrice sur les questions de société et beaucoup plus restrictive en matière d’immigration. « Je suis même plus à droite que l’extrême droite sur l’immigration », assume-t-il encore. Avec bien sûr un couplet contre les musulmans : « Si rien n’est fait, la France pourrait devenir dans 50 ans la première république islamique d’Europe. » La société dont il rêve interdirait donc l’avortement, effectuerait des couples claires dans le secteur social et privatiserait à tout-va. Et pour conclure il dit espérer, à terme, être « canonisé comme un saint » en finançant des projets chrétiens. Un illuminé d’extrême droite parmi d’autres qui a cependant des moyens financiers solides pour parvenir à ses fins. Ce qui le rend d’autant plus dangereux…