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Brèves

L’actualité en bref

La course à l’échalote entre la droite et les macronistes pour augmenter toujours plus budget des armées vient d’avoir une conclusion inattendue au Sénat. Dans le cadre de la loi de programmation militaire, le gouvernement demandait aux sénateurs d’approuver une rallonge de 36 milliards d’euros au budget militaire pour le porter à 436 milliards d’euros d’ici à 2030. Ces derniers, largement par démagogie, trouvaient que des 36 milliards étaient insuffisants et voulaient une augmentation à 50 milliards. Le gouvernement a refusé. Fâchée et vexée de ne pas avoir été entendue, la droite sénatoriale a donc voté contre toute augmentation. Les 36 milliards sont donc passés à la trappe… pour l’instant. Car il n’est pas question de faire de la peine aux galonnés. Mais que ces sommes pharaoniques soient prises dans les poches de contribuables et que ces rallonges militaires se fassent au détriment de l’éducation, de la santé ou d’autres services sociaux ne semblent pas poser de problèmes à la majorité des sénateurs.

Les députés ont décidé de réduire la durée de l’allocation chômage en cas de rupture conventionnelle. Avec comme objectif de faire des économies en rognant sur les droits des salariés. Ces ruptures conventionnelles permettent à un employeur et un salarié de rompre un CDI à l’amiable et au salarié de toucher des allocations chômage. Ce sont ces dernières qui vont être rabotées. Cette durée sera fixée à 20,5 mois pour les plus de 55 ans contre 22,5 mois actuellement pour les 55-56 ans, et 27 mois à partir de 57 ans. Cette loi est la transposition d’un accord sur le sujet conclu entre les organisations patronales d’une part, la CFDT, la CFTC et FO de l’autre. Une fois de plus des bureaucrates syndicaux marchent main dans la main avec le patronat pour porter atteinte aux droits des travailleurs. Au cours des débats, la députée écologiste Sophie Taillé-Polian a souligné que nombre de ruptures conventionnelles sont « en réalité des licenciements déguisés, utilisés par les employeurs pour se débarrasser d’un salarié sans motif et sans risque d’être mis devant les prud’hommes ». Un rappel salutaire…

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a infligé deux amendes de plus de 22 millions d’euros à la marque d’ultra fast-fashion Shein pointant des défaillances en matière de traçabilité des produits, de mentions environnementales, de délais de rétraction et de livraison. Au cours des années, le total des amendes payées par la firme chinoise s’élèvent au total à plus de 210 millions d’euros. Ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de prospérer. Mais plus que la défense des consommateurs, qui est toujours mise en avant, le but de telles sanctions financières est surtout de tenter de protéger les industriels « nationaux » contre la concurrence étrangère, chinoise ou autre. Avec un succès mitigé. Une forme comme une autre de nationalisme économique.

Plus de 250 personnes se sont rassemblées mardi 2 juin en hommage à Noahm, jeune homme de 19 ans passé à tabac dans la nuit du 29 au 30 mai en raison de son homosexualité. L’agression, dont le caractère homophobe transparaît clairement malgré ce que peuvent dire les flics et le procureur, l’a laissé dans un état de mort cérébrale et il est décédé mardi. Le maire de Metz, François Grosdidier, a profité de l’occasion pour remercier les policiers et souligner la nécessité des caméras de vidéosurveillance dans un post Facebook, comme si plus de flics pourrait éviter qu’un tel événement recommence. La mort de Noahm est un énième drame qui témoigne de la violence du système capitaliste qui entretient l’homophobie et toutes les autres discriminations.

Le Parlement européen a donné son feu vert pour renvoyer les migrants en situation irrégulière dans des centres situés à « l’étranger », c’est-à-dire hors de l’Union européenne. Ces « hubs de retour » sont chaleureusement défendus par plusieurs pays. C’est l’Italie qui a donné l’exemple en ouvrant, dès 2024, un centre d’accueil pour migrants dans le port de Shengjin, en Albanie, à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Tirana. D’autres pays, comme le Danemark, l’Autriche ou l’Allemagne, commencent déjà à imaginer d’installer ces centres au Rwanda, en Ouganda ou en Ouzbékistan. Le texte approuvé prévoit également des sanctions plus dures pour les migrants refusant de quitter le sol européen, comme des saisies de documents d’identité, une durée de détention prolongée jusqu’à 24 mois et une durée de dix à vingt ans d’interdiction de revenir en Europe. Dans les faits, les droits de ces migrants seront foulés au pied et ils pourront rester emprisonnés pendant des années sans jugement. Une loi scélérate contre les personnes migrantes. Une de plus !

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que « rien ne peut justifier » la poursuite des opérations militaires et une occupation prolongée d’Israël au Liban, au lendemain de l’annonce par Trump d’un nouvel accord de cessez-le-feu resté jusqu’à présent, comme les autres, lettre morte. Sous prétexte de faire de la diplomatie, Barrot enfonce des portes ouvertes. Car rien ne peut justifier non plus le génocide de Gaza, la colonisation de la Cisjordanie ou les attaques militaires contre l’Iran. Autant de choses que le gouvernement a laissé faire en se contentant de quelques déclarations platoniques tout en continuant à entretenir de fructueuses relations commerciales et militaires avec l’État sioniste.

Vingt-neuf entreprises israéliennes ont déjà loué un stand pour Eurosatory, le plus grand salon mondial de la défense, qui se tient à Villepinte (Seine-Saint-Denis), du 15 au 19 juin. Cependant, à la demande du gouvernement français, elles ne pourront pas exposer d’armes dites « offensives », comme des roquettes, des munitions télé-opérées ou des missiles sol-sol. Seuls seront autorisés à l’exposition des systèmes de défense anti-balistique et anti-aérienne. Cette décision, ainsi que celle d’interdire un stand officiel de l’État hébreu, serait parait-il une preuve de la « fermeté » de Paris dans sa condamnation de l’invasion militaire israélienne au Liban. De la poudre aux yeux. Car les entreprises en question fabriquant à la fois des armes défensives et offensives rien ne les empêchera de passer de fructueuses commandes sans avoir besoin d’exposer l’ensemble de leurs engins de mort.

En avril dernier deux ONG environnementales avaient porté plainte contre l’État, estimant insuffisantes les mesures prises pour protéger l’eau potable. Aujourd’hui, c’est la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux qui tire la sonnette d’alarme. Après avoir rappelé qu’en 2024 environ 19 millions de personnes ont consommé une eau non-conforme aux critères de santé, elle rappelle que la pollution de l’eau potable est due, tout à la fois, aux pesticides, aux « polluants éternels » (PFAS) et aux micro-plastiques, avec des conséquences sur le système hormonal, nerveux et immunitaire, développement des pathologies cardiaques et cancéreuses, des troubles hormonaux et neurodégénératifs, etc. Une nouvelle fois, les médecins demandent aux pouvoirs publics d’agir. Mais ces derniers traînent les pieds, peu désireux de s’en prendre aux lobbies industriels et agricoles, directement responsables de cette pollution.

Amnesty International France vient de publier un rapport sur l’impact de « la précarité des titres de séjour » sur la santé mentale des travailleurs étrangers. La présidente de l’ONG, Anne Savinel-Barras, explique : « On aboutit à des situations ubuesques où des personnes installées depuis vingt ans, avec un emploi et un logement, perdent subitement tous leurs droits et reçoivent une obligation de quitter le territoire français. » Un système largement arbitraire et dysfonctionnel qui laisse libre cours au racisme et à la xénophobie de certains membres de l’administration. Raison de plus pour l’abolir et lutter pour le libre droit au séjour et à l’installation pour tous et toutes.