Tous les ans la commune avait l’habitude de célébrer le 10 mai la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage instituée depuis 2006, le jour anniversaire de l’adoption de la loi portée par Christine Taubira. Mais la nouvelle municipalité d’extrême droite, dirigée par une coalition du Rassemblement national et de l’Union des droites d’Éric Ciotti, a décidé de zapper la date en question en mettant en avant deux « arguments ». D’abord, la commémoration coûtait trop cher (1 500 euros, ce qui n’est pas la mer à boire) et, de plus, l’esclavage n’existe plus. Outre le fait qu’il n’est jamais inutile de se remémorer une page sombre de l’Histoire (la France fut en son temps une des premières puissances esclavagistes), dire qu’aujourd’hui l’esclavage a disparu est aller un peu vite en besogne. L’ONU chiffre à 50 millions le nombre de personnes qui vivent une forme d’esclavage actuellement dans le monde et la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains établit quant à elle à plus de 7 000 le nombre de victimes d’esclavage aujourd’hui dans ce pays. Mais pour l’extrême droite, dans la mesure où la plupart des victimes sont des migrants, tout cela compte pour du beurre.