Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, vient d’annoncer le gel de l’évacuation de réfugiés gazaouis vers notre pays. La raison officielle de cette décision : une étudiante gazaouie inscrite à Sciences Po Lille a été accusée d’avoir tenu des propos antisémites sur les réseaux sociaux. Elle a été aussitôt virée de l’établissement supérieur et sera poursuivie pour apologie du terrorisme et apologie de crime contre l’humanité. Mais même si les faits qui lui sont reprochés s’avèrent fondés comment peuvent-ils justifier que l’on empêche d’entrer sur le territoire d’autres Gazaouis en danger de mort et qui ne sont pour rien dans cette affaire ? Une curieuse conception de l’aide humanitaire cependant bruyamment applaudie par la droite et l’extrême droite.

Paris a appelé à la cessation des activités de la Fondation humanitaire de Gaza, une officine israélo-américaine, chargée de la distribution de l’aide alimentaire dans l’enclave palestinienne après que Netanyahou et sa clique aient empêché par tous les moyens les ONG et les agences de l’ONU de venir en aide aux Gazaouis. Résultat : les centres de distribution de cette pseudo Fondation, encerclés par l’armée israélienne, se sont révélés des pièges mortels pour les Palestiniens et plus d’un millier d’entre eux y ont perdu la vie en s’y rendant. Depuis plusieurs semaines les organisation humanitaires ont dénoncé cette situation et le témoignage d’un ex-salarié de la Fondation dévoilant ces pratiques criminelles a fait le tour du monde. Mais il a fallu tout ce temps pour que le Quai d’Orsay se réveille et parle de « bain de sang », de « scandale », et de « honte ». Mais toujours pas question de sanctionner Israël pour ces nouveaux crimes.

Les gens ont de moins en moins d’enfants et il est question d’un déficit démographique. L’an dernier Macron a lancé un « combat pour la natalité ». La droite extrême vient de reprendre la balle au bond en la personne du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, bien connu pour financer les groupes d’extrêmes-droites et les institutions cul-bénies catholiques traditionalistes. Dans une conférence intitulée « Agir en chrétien pour le bien commun » il vient de lister dans « les domaines prioritaires aujourd’hui, le fait d’avoir plus de bébés de souche européenne » qu’il faudra bien sûr baptiser ou évangéliser à tout de bras. Un moyen sans doute de lutter contre le spectre du « grand remplacement » qu’il partage avec ses amis fachos. Mais la blancheur épidermique des nouveaux-nés n’est pas la seule préoccupation de Stérin. L’autre c’est l’optimisation fiscale. C’est pourquoi ce « patriote », comme il se proclame fièrement, réside… en Belgique pour payer moins d’impôt. Amen !

Une plainte contre X va être déposée auprès du procureur de Mulhouse par un collectif de 400 personnes qui dénonce la contamination par des polluants éternels (PFAS) de l’eau du robinet de l’agglomération de Saint-Louis. Cette plainte retient plusieurs chefs d’inculpation : « mise en danger délibérée de la vie d’autrui », « distribution d’un produit nuisible à la santé », « infractions environnementales » et « infraction à la réglementation sanitaire ». « Pendant deux ans, aussi bien Saint-Louis Agglomération que son opérateur privé (Veolia) ont fourni de l’eau contaminée à des taux particulièrement élevés qui sont considérés comme les plus importants en France » a indiqué André Chamy, l’avocat du collectif. Et ce, bien sûr, au détriment de la santé des consommateurs.

Le tribunal de Vienne a rejeté les demandes des parents de Théo Grataloup, aujourd’hui âgé de 18 ans, né avec de lourds handicaps, contre le géant de la chimie Bayer-Monsanto fabricant de l’herbicide glyphosate. Sa mère affirme depuis plusieurs années que son handicap est lié à l’utilisation, alors qu’elle était enceinte, en août 2006, du Glyper, un générique de l’herbicide Roundup de Monsanto, à base de glyphosate. Convaincus du « lien de causalité » entre le glyphosate et la santé de leur fils, les parents avaient lancé en 2018 une action au civil pour faire reconnaître ce lien par les tribunaux. Ils se sont alors heurtés à une armée d’avocats du trust chimique qui ont fait traîner les choses en longueur bien que les avis médicaux affirmaient que les handicaps de Théo étaient cohérents avec l’utilisation du glyphosate. Mais le tribunal, sans nier ce lien de causalité, a décidé que sa mère, 19 ans après les faits, n’était pas capable d’apporter la preuve (photo, facture etc.) que l’herbicide qu’elle utilisait alors était bien du Glyper et non un produit toxique d’une autre marque. La famille a décidé de faire appel. Rappelons que depuis la fin de l’année 2018, la vente de produits à base de glyphosate, notamment sous la marque Roundup, est interdite aux particuliers. Ce qui n’empêche pas Monsanto de se battre pour ne pas reconnaître sa responsabilité dans ce drame sanitaire.

Dans une lettre publiée par le quotidien britannique The Gardian un groupe de 31 personnalités israéliennes de premier plan, appartenant au monde universitaire, artistique, intellectuel et politique appellent la communauté internationale à imposer des « sanctions paralysantes » à Israël, face à l’horreur croissante provoquée par la situation des Gazaouis. Elles accusent le gouvernement Netanyahou de « faire mourir de faim la population de Gaza et d’envisager le déplacement forcé de millions de Palestiniens de la bande de Gaza ». Si une telle prise de position est la bienvenue – et reflète à sa manière une prise de conscience d’une partie de la population israélienne et des communautés juives face au génocide en cours – elle arrive quand même bien tard venant de la part d’hommes et de femmes qui, par leur fonction ou leur milieu, étaient au courant depuis des mois de la politique criminelle menée par Israël dans le territoire palestinien. 

Selon une étude de l’institut privé de recherche ADP Research, à travers le monde 28 % des travailleurs âgés de 18 à 26 ans occupent plusieurs emplois, contre 10 % des salariés de 40 ans et plus. Ces chiffres s’appuient sur des réponses récoltées auprès de 38 000 salariés à travers 34 pays, dont 1 000 en France. Tous âges confondus, 23 % des personnes interrogées ont déclaré cumuler au moins deux emplois. « Au Moyen-Orient et en Afrique, le pourcentage grimpe à 34 % », précise l’étude. Parmi les personnes qui cumulent deux emplois ou plus, plus de la moitié déclarent vivre au jour le jour. Et 61 % des salariés avec trois emplois ou plus peinent à joindre les deux bouts. En conclusion , « travailler plus ne suffit pas aux salariés dans le monde à faire face au coût de la vie ». Et, pendant ce temps, on n’a jamais compté autant de milliardaires qui n’ont jamais été aussi riches.

Un projet de loi-cadre a été présenté en conseil des ministres visant à faciliter la restitution à leur pays d’origine de biens culturels spoliés pendant la colonisation. Cela concerne les biens acquis entre 1815 et 1972 dans des conditions jugées « illicites », telles que le vol, le pillage ou la cession obtenue par contrainte ou violence. Plusieurs milliers de ces biens, en général des objets d’art qui peuplent nos musées, sont réclamés depuis des années par des États africains ou autres. Mais au total seuls 27 ont été restitués jusqu’à présent, dont 26 au seul Bénin. Il faut dire que si le colonialisme français a pillé sans vergogne et sans état d’âme ses anciens colonies, aujourd’hui il se montre plus que réticent à rendre son butin en multipliant commissions d’experts, réunions de scientifiques etc. Et l’attitude ultra-scrupuleuse dont il fait preuve est malheureusement à sens unique.

Deux enseignantes, une professeure des écoles et une professeure de français langue étrangère dans un collège, ont refusé de se rendre à des convocations de la justice pour un « avertissement pénal probatoire », une procédure qui remplace le rappel à la loi mais suppose une reconnaissance préalable de culpabilité. Ce qu’elles refusent de faire. En effet, membres du collectif tourangeau « Pas d’enfant à la rue », elles sont accusées d’avoir aidé des familles sans abri à trouver un refuge provisoire dans des établissements scolaires. La première n’a pas répondu à sa convocation du 22 juillet dernier et la seconde ne se présentera pas le 28 août prochain pour une procédure identique. La solidarité est un droit, pas un délit.