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Brèves

L’actualité en bref

Depuis des mois, les salariés de Radio France sont confrontés à des économies budgétaires imposées au détriment de la qualité des programmes. Les rapprochements imposés entre les rédactions d’Ici (ex-réseau France Bleu) et les équipes télévisées de France 3 en région se sont notamment traduits par la suppression de certaines émissions et font peser une menace sur l’emploi. Par exemple, la radio Mouv’ doit devenir en cette rentrée « 100 % musicale et 100 % digitale ». Ne resteront en poste que deux salariés, dans cette radio expérimentale, née voici 28 ans. L’intersyndicale CGT-CFDT-SNJ-FO-Unsa indique que « pour l’heure, la direction refuse la moindre concession ou de revenir sur les projets les plus néfastes pour les équipes et les antennes ». D’où l’appel à la grève illimitée. La dernière fois qu’un tel mouvement avait été lancé, c’était en juin dernier au moment du passage en force de Rachida Dati pour la loi sur l’audiovisuel public.

Alors que les vacances scolaires se terminent, l’Unapei, un réseau de 38 associations représentant des personnes avec des handicaps intellectuels et cognitifs et leur famille, alerte sur l’accompagnement insuffisant, voire parfois inexistant, à l’école de milliers d’enfants porteurs d’un handicap. Leur rentrée ne se fera pas dans de bonnes conditions. L’an dernier 519 000 enfants handicapés étaient scolarisés à l’école ordinaire et plusieurs milliers d’autres en instituts médicaux éducatifs. Pour beaucoup la scolarisation se résumait à moins de douze heures d’école par semaine. Dans le détail, 13 % de ces enfants n’ont eu aucune heure de scolarisation, 38 % moins de six heures par semaine, 30 % entre six et douze heures et 19 % seulement ont plus de douze heures. De plus, 4 410 enfants sont toujours sur liste d’attente pour obtenir une place en institut médico-éducatif. En attendant, ils sont « soit chez eux, soit scolarisés par défaut dans une école ordinaire », selon la vice-présidente de l’Unapei, Sonia Ahehehinnou. Et, faute de crédits, l’Éducation nationale laisse faire.

Selon des données internes de l’armée israélienne, obtenues par le quotidien britannique The Guardian, les médias israélo-palestiniens Local Call et +972 Magazine, on recensait, en mai, 53 000 Palestiniens tués à Gaza dont 8 900 étaient membres du Hamas ou du Jihad islamique. Pour le dire autrement, 83 % des victimes étaient des civils. Et là, il sera difficile pour Netanyahu d’affirmer qu’il s’agit de la propagande du Hamas. Un tel taux de civils massacrés est exceptionnel dans l’histoire récente des conflits et apporte de l’eau au moulin des accusations de génocide portées par des juristes, chercheurs et ONG contre Israël. Même d’anciens officiers israéliens reconnaissent que les bilans officiels sont manipulés et que « la plupart des tués » sont des non-combattants. Ces révélations viennent contredire les discours officiels israéliens, qui affirment régulièrement avoir ciblé « des terroristes ». En réalité des civils sont systématiquement comptés comme combattants après leur mort, gonflant artificiellement le nombre de militants tués. C’est bel et bien une guerre contre tout un peuple que mène l’occupant sioniste.

Il y a un peu plus de 30 ans, entre avril et juillet 1994, entre 800 000 et un million de personnes, principalement des Tutsis, étaient massacrées dans le pays par des milices hutues. Le prétexte était l’assassinat du président hutu, Juvénal Habyarimana, dont l’avion avait été abattu en vol… sans doute par un groupe de hutu d’extrême droite. Sa veuve vient d’obtenir un non-lieu de la justice française quant à sa responsabilité dans ce génocide. Pourtant un historien spécialiste de la question, Vincent Duclerc, a déclaré à France Inter : « Les documents d’archives que nous collectons montrent la très forte implication d’Agathe Habyarimana dans le génocide des Tutsis en étant, comme son frère, le cerveau du réseau zéro, c’est-à-dire l’état-major secret chargé de l’extermination des Tutsis. Son implication existe aussi dans le déclenchement du génocide. » Mais, dans cette affaire, Paris n’est pas neutre. Car les forces françaises, présentes sur place, n’ont rien fait pour empêcher le génocide. Plus tard, lorsque les milices hutues furent mises en difficulté par les forces tutsies, c’est sur ordre direct de François Mitterrand qu’Agathe Habyarimana et d’autres génocidaires furent exfiltrés de la capitale, Kigali. Un passé de complice des génocidaires que l’impérialisme français fait tout pour enterrer.

Le groupe de rap irlandais Kneecap doit se produire aujourd’hui au festival Rock en Seine 
à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine. À la veille de sa performance, la région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse, a décidé de supprimer une subvention de 500 000 euros à ce festival. Motif : la sympathie sans faille affichée par le groupe à la cause palestinienne. Le mois dernier, c’est la municipalité de Saint-Cloud qui avait fait de même en annulant sa subvention de 40 000 euros pour les mêmes raisons alors que des personnalités et des associations sionistes demandaient son interdiction. Un nouvel exemple de la mobilisation de la droite et de l’extrême droite, fervents soutiens des génocidaires israéliens, contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à un soutien à la Palestine.

L’Établissement français du sang a pris la décision de supprimer de ses archives les données liées aux donneurs de sang ayant eu des relations homosexuelles. Une mention qui était encore signalée jusqu’en 2022. L’association LGBT+ Tous.tes avait lancé fin juillet une pétition en faveur de cette suppression, qui avait recueilli plus de 15 000 signatures. L’aboutissement d’un long combat qui reconnait désormais les personnes homosexuelles comme des donneurs comme les autres. En 1983, les autorités leur interdisaient de donner leur sang sous prétexte des risques présentés par le Sida. En 2016 on autorisait à nouveau les personnes homosexuelles à faire des dons à… condition qu’elles aient été abstinentes depuis un an, délai ramené à quatre mois en 2019. Condition définitivement abandonnée en 2022 avec la suppression de toute référence à l’orientation sexuelle dans les questionnaires. Mais il aura fallu attendre le printemps 2025 pour que la destruction des archives soit envisagée, suite à la demande d’un donneur qui demandait leur suppression. Finalement les mentions sur l’orientation sexuelle seront supprimées des archives d’ici à 2026. Il aura fallu près de 40 ans pour imposer cette mesure de dignité élémentaire.

Le 5 août, François Bayrou a lancé un site sur les réseaux sociaux, FB direct, qui devait lui permettre de s’adresser chaque jour à la population via des vidéos et, en retour, de demander à ceux et celles qui les regardaient de lui envoyer leurs suggestions concernant son projet de budget 2026. À l’heure du bilan qu’ont demandé, selon lui, celles et ceux qui suivaient ces émissions ? L’abandon de la suppression de deux jours fériés ? La mise au placard de la monétisation d’une cinquième semaine de congés payés ou le gel des pensions et des prestations sociales ? Pas du tout ! La seule question qui a émergé serait, parait-il, les éventuels « avantages indus » dont bénéficieraient parlementaires, responsables politiques et membres du gouvernement. Et Bayrou, homme d’action, de lancer aussitôt l’idée d’une commission d’enquête qui sera présidée par René Dosière (84 ans aux prunes), assisté par des représentants des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat. Alors que selon les sondages les deux tiers des personnes interrogées sont opposées à ce budget, que la cote de popularité du Premier ministre n’a jamais été aussi basse (moins de 17 % d’opinions favorables), Bayrou amuse la galerie avec ses consultations bidon.

L’appel « Bloquons tout » diffusé sur les réseaux sociaux a rapidement fait boule de neige, au point qu’un certain nombre de syndicats et d’organisations politiques s’y sont ralliés. Cet appel exprime la colère qui gronde parmi les travailleurs et les classes populaires contre la guerre que leur ont déclarée Macron et Bayrou. Cette série d’attaques sans précédent va considérablement dégrader notre niveau et nos conditions de vie. La suppression de deux jours de congés est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Mais c’est l’ensemble du budget Bayrou qui est à combattre. Réduire les dépenses de santé et les allocations des chômeurs d’un côté, doubler le budget militaire de l’autre, continuer à subventionner les grandes entreprises, y compris celles qui licencient, c’est bien une guerre de classe. Plus le mouvement sera fort, démocratique, organisé à la base sur nos revendications, moins il sera récupérable par les démagogues en tout genre. Le 10 septembre nous offre une opportunité qu’il ne faut pas laisser passer. Participons à toutes les actions, grèves, manifestations, blocages qui seront organisés. Et préparons la suite.

Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l’ONU basé à Rome, confirme non seulement qu’une famine est en cours dans le gouvernorat de Gaza, mais qu’elle devrait s’étendre à ceux de Deir el-Balah et Khan Younès d’ici fin septembre. Ses experts ont averti que 500 000 personnes se trouvaient dans un état « catastrophique ». C’est le niveau de détresse alimentaire le plus élevé de l’IPC, caractérisé par la famine et la mort. Ce chiffre, basé sur informations recueillies jusqu’au 15 août, devrait monter à presque 641 000 d’ici fin septembre. « C’est une famine que nous aurions pu éviter si on nous l’avait permis », a accusé le responsable de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher. « La nourriture s’accumule aux frontières en raison de l’obstruction systématique d’Israël », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Genève, ajoutant que « cette famine va et doit nous hanter tous ». Rappelons qu’ affamer des civils à des fins militaires est considéré comme un crime de guerre. Le gouvernement israélien de son côté, avec son culot et sa morgue habituels, a démenti toute famine et a accusé l’ONU et ses agences de s’aligner sur le Hamas. Et il poursuit son génocide avec l’appui ouvert des États-Unis et la passivité complice de nombre de pays occidentaux, dont la France.