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Brèves

L’actualité en bref

Éric Ciotti et son petit groupe d’extrême droite (UDR) à l’Assemblée nationale voulaient profiter de leur niche parlementaire pour soumettre un texte visant à l’interdiction de l’exécution provisoire dans le cas des condamnations d’élus à une peine d’inéligibilité. Ce texte faisait clairement suite à la condamnation de Marine Le Pen le 31 mars dernier pour détournement de fonds publics dans l’affaire des ex-assistants parlementaires européens du Front national (ancêtre du Rassemblement national). Il s’agissait de lui permettre de se présenter à la présidentielle sans attendre la procédure d’appel. Mais finalement il n’a pas été adopté et Ciotti a dû le retirer. Il ne se faisait sans doute guère d’illusion, mais cela lui a permis de se présenter comme le plus fidèle allié de Le Pen. Et pour lui c’est surtout cela qui compte.

Devant le Comité d’alerte des finances publiques, le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles coupes claires dans les dépenses budgétaires, de l’ordre de cinq milliards d’euros d’ici la fin 2025. Déjà la veille, la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, avait annoncé à l’Assemblée nationale 1,7 milliard d’euros d’économies supplémentaires sur les dépenses de santé. Et le reste va être à l’avenant. Le tout sous prétexte de faire des économies. Mais pas question de toucher aux dépenses militaires ou aux niches fiscales dont bénéficient les grandes entreprises et les plus aisés.

Depuis mai 2020, Benyamin Netanyahou et son épouse Sarah sont poursuivis en justice pour corruption, accusés d’avoir accepté des produits de luxe d’une valeur de plus de 260 000 dollars (222 000 euros), tels que cigares, bijoux et champagne, de la part de milliardaires, en échange de faveurs politiques. Jusqu’à présent, le Premier ministre israélien a toujours manœuvré pour faire retarder les audiences en arguant notamment de la situation politique du pays. Il récidive encore une fois, son avocat demandant que soient annulées les audiences qui devaient se tenir les deux prochaines semaines. Il a reçu d’ailleurs l’appui remarqué d’un repris de justice, Donald Trump, qui a demandé l’annulation de la procédure visant son allié. Mais lorsque ce procès sera terminé Netanyahou devra répondre devant la justice dans deux autres affaires où il est accusé d’avoir tenté de négocier une couverture plus favorable de son action dans deux médias israéliens. Pour le boucher de Gaza, la fuite en avant guerrière est aussi une façon d’échapper à la justice.

À Nantes, le 26 juin dernier, une travailleuse en arrêt maladie a assigné l’Assurance maladie en réfèré. En cause, le logiciel Arpège censé facilité le traitement des indemnités, mais qui, en réalité, bloque leur versement depuis des mois, plongeant près de 15 000 assurés dans la précarité. Des salariés des CPAM de Loire-Atlantique et de Vendée, à bout de nerf face à la maltraitance sociale qu’ils doivent gérer au quotidien, se sont mis en grève à plusieurs reprises pour demander le retrait du logiciel maudit. Mais Arpège n’est pas une exception. À la Sécurité sociale, bon nombre de logiciels achetés à des prestataires extérieurs empêchent le bon traitement et le versement des droits des allocataires. Un système qui enrichit les acteurs privés au détriment des plus pauvres.

L’État veut couper drastiquement dans le budget de l’Assurance maladie. Tout le monde le sait, tout le monde en parle. Mais comment en parle-t-on et avec qui ? Arte, dans son journal 28 minutes, n’a rien trouvé de mieux que d’inviter Marguerite Cazeneuve et François Sarkozy pour leur « expertise » en la matière. La première est directrice déléguée de l’Assurance maladie, mais aussi ancienne conseillère de Macron et, surtout, nièce de Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre sous Hollande. Le deuxième n’est autre que le frère de Nicolas Sarkozy, médecin par ailleurs. C’est donc une fierté toute familiale pour ces deux-là que de dire aux travailleurs d’aller se tuer à la tâche pour les beaux yeux du patronat. Arte, comme bon nombre de médias, ferait mieux de demander leur avis à de vrais experts : celles et ceux qui font tourner la société au risque d’y laisser leur santé !

La réunion de l’Otan, l’alliance militaire qui regroupe 32 pays capitalistes, qui vient de se tenir à La Haye, aux Pays-Bas, a surtout été l’occasion pour Trump de montrer qui était le vrai, voire le seul patron. Il a largement réussi. Il a imposé à tous le fait d’augmenter les dépenses militaires pour atteindre 5 % du PIB à l’horizon 2035. Et les velléités d’indépendance – du moins sur le papier – de Macron et du chancelier allemand Merz, visant à offrir une pseudo-alternative européenne à l’Otan sous domination américaine ont fait long feu, même s’ils masquent leur ralliement au président américain au nom d’une pseudo « claivoyance » qui, jusqu’à présent, a échappée à tout le monde.

Pour se rendre aux Journées de la géothermie, à Biarritz, dans les Pyrénées-Atlantiques, et y faire une intervention qui a duré, en tout et pour tout, une petite demi-heure, François Bayrou n’a pas hésité à utiliser depuis Paris un avion Falcon 900, un jet privé, émettant jusqu’à 14 fois plus de CO2 qu’en avion de ligne classique et 50 fois plus qu’en train. Comme aime à le répéter Macron : « Mon quinquennat sera écologique ou ne sera pas. » C’est tout vu…

Cocorico ! Selon la banque suisse UBS, la France a retrouvé en 2024 sa troisième place quant au nombre de millionnaires en dollars présents sur son sol devant le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada, derrière la Chine et les États-Unis. On compte 2 897 millionnaires dans le pays en tenant compte de leur patrimoine net, c’est-à-dire après impôts. Le gouvernement, toujours à la recherche de 40 milliards d’euros pour boucler son budget, pourrait peut-être regarder de ce côté-là au lieu de sabrer dans les dépenses sociales. Mais il ne faut pas rêver !

Pour faire fructifier vos économies, un placement de rêve : l’armement. Selon les derniers chiffres connus alors qu’à la Bourse de Paris l’indice CAC40 a gagné 2,83 % depuis le début de l’année, les valeurs des actions des fabricants de mort s’envolent : 78,9 % pour Thalès depuis le 1er janvier, 54,8 % pour Dassault Aviation et 22,7 % pour Safran qui fabrique notamment des réacteurs pour l’aviation militaire. Gavée de subventions publiques, l’industrie d’armement ne s’est jamais aussi bien portée. Tout baigne, sauf bien sûr pour ceux qui, à l’autre bout de la chaîne, meurent sous les balles, les bombes, les obus ou les drones « made in France ».