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Brèves

L’actualité en bref

En lisant le palmarès de la Légion d’honneur 2024, on y apprend que le PDG du numéro un mondial du luxe LVMH, Bernard Arnault, va rejoindre « le cercle prestigieux des grand-croix », la plus haute dignité de la Légion d’honneur, détenue par seulement 68 autres personnes… Être riche à milliards vaut donc la reconnaissance suprême de la nation française. Il paraîtrait que Gérard Depardieu s’impatienterait de passer lui aussi « grand-croix ». Avec Macron à la présidence c’est jouable, non ?

Le gouvernement américain vient d’approuver une nouvelle vente d’armes à Israël pour un montant de 133,4 millions d’euros sans demander l’autorisation du Congrès comme c’est habituellement le cas pour les transferts d’armes vers des pays étrangers. Alors que le massacre des civils palestiniens de la bande de Gaza continue à un rythme toujours plus élevé, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a justifié l’approbation immédiate du transfert par « l’urgence des besoins défensifs » du gouvernement Netanyahou. C’est la seconde fois ce mois-ci que l’administration Biden donne son feu vert à un transfert de matériel militaire vers Israël sans consulter l’organe législatif. Le 9 décembre, soit moins de vingt-quatre heures après avoir posé son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant un cessez-le-feu humanitaire, Washington avait déjà autorisé la vente en « procédure d’urgence » de près de 14 000 obus de chars à l’armée israélienne. Pour l’impérialisme américain, l’urgence absolue est donc de soutenir les massacres de l’occupant sioniste tout en faisant mine de demander à Tel Aviv de protéger les populations civiles. Un cynisme et une hypocrisie qui ne trompent plus grand monde.

Cinq jours après la publication dans Le Figaro d’une tribune en soutien à Gérard Depardieu, mis en examen pour viols et agressions sexuelles, 2500 artistes ont signé une « contre-tribune » pour dénoncer non seulement le sexisme de l’acteur et ses propos ignobles à l’égard des femmes, mais aussi le soutien que lui a apporté Emmanuel Macron. Le texte, publié par le collectif « Cerveaux non disponibles », est relayé sur le site du Club de Mediapart. Il entend briser « la loi du silence » et « l’écho de l’impunité ». La tribune publiée dans Le Figaro et la défense d’Emmanuel Macron « sont autant de crachats à la figure des victimes de Gérard Depardieu mais aussi de toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles », affirment les signataires. Dans le même temps plusieurs signataires de la tribune ont décidé de retirer leur signature en présentant des excuses. C’est notamment le cas de la réalisatrice et écrivaine Nadine Trintignant dont la fille, Marie, avait succombé sous les coups de son compagnon, Bernard Cantat. Plusieurs de ces signataires se sont aperçus, après-coup, que le texte de cette tribune avait été rédigé par le comédien Yannis Ezziadi, proche des figures d’extrême droite, et éditorialiste au magazine ultra-conservateur Causeur. Depuis, toute une partie de l’extrême droite est à l’offensive pour soutenir Depardieu en s’appuyant notamment sur les médias réactionnaires du groupe Bolloré et sur la mouvance d’Éric Zemmour. Depardieu a les amis qu’il mérite…

Le Conseil d’État a entériné la légalité des réquisitions de logements étudiants du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Paris pour accueillir le personnel des Jeux olympiques et paralympiques 2024. Le ministère des Sports avait annoncé en mai vouloir réquisitionner plus de 3 000 logements étudiants en Île-de-France, et le Crous de Paris s’était exécuté en limitant les baux d’occupation de ces logements au 30 juin 2024. Après cette date, les étudiants concernés par cette mesure n’auront plus qu’à se débrouiller pour trouver un logement. Le Crous a promis de les aider. L’espoir fait vivre. Mais après les problèmes de transport en commun, de circulation et de bâtiments réquisitionnés, l’expulsion des étudiants de leur logement est le dernier exemple en date du fait que les prochains JO risquent de rendre difficile la vie quotidienne de la population la plus modeste.

Après les premières manifestations du 27 décembre contre les mesures-chocs du président ultra-libéral Javier Milei, un appel à la grève générale a été lancé par la CGT, principale organisation syndicale du pays, pour le 24 janvier. Jamais, depuis la fin de la dictature militaire, un président ne s’était attaqué ainsi à la fois aux droits du Parlement, à ceux des travailleurs et de toute la société argentine. Son « Décret de nécessité d’urgence » est un concentré de la théorie réactionnaire du « choc néo-libéral » : modification ou abrogation de règles en matière de droit du travail, fin de l’encadrement des loyers ou de la loi luttant contre l’inflation sur les produits de première nécessité, mise en cause de la couverture de santé… Et ses projets ne s’arrêtent pas là. Il prévoit de modifier la loi électorale, en matière d’élections locales, et de sanctionner lourdement les individus pour « entrave » lors des manifestations. Au total, entre ce décret et les projets de loi envoyés par la présidence au Parlement, plus de 600 mesures réactionnaires et anti-ouvrières sont sur les rails. Ce n’est qu’en se mobilisant massivement, dans la rue et les entreprises, que les travailleurs pourront faire reculer Milei et son programme de soutien sans limite au patronat.

Emmanuel Macron a annoncé qu’un hommage national à Jacques Delors, qu’il présidera, aura lieu le 5 janvier prochain aux Invalides. Venu du syndicalisme chrétien, Delors adhéra sur le tard, en 1974, au Parti socialiste. Cela lui permit ensuite, après l’élection de François Mitterrand, de devenir ministre des Finances. Il fut, à ce titre, le principal initiateur du « tournant de la rigueur » en 1983 qui s’attaqua aux acquis des travailleurs, mettant fin notamment à l’échelle mobile des salaires, tout en abreuvant le patronat de centaines de millions de subventions. En tant que président de la Commission européenne, Delors mit tout son talent à construire une Europe du capital et de la libre concurrence. C’était un « social-démocrate » par coquetterie, un fidèle serviteur de la bourgeoisie par conviction. Pas étonnant que la classe politique, de gauche comme de droite, l’ait encensé. Ce ne sera pas le cas des travailleurs.

Le groupe d’ameublement Habitat a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Bobigny à la veille du nouvel an. Triste nouvelle pour les 383 salariés des 25 magasins du groupe qui restent sur le carreau et qui n’ont pas été payés depuis deux mois. Le comité social et économique de l’entreprise a adressé un signalement au procureur de la République sur la gestion du groupe avant un probable dépôt de plainte. Pour la CGT Commerce, « le PDG, déjà impliqué dans des situations similaires au sein d’autres entreprises et potentiellement en mesure de recommencer demain, peut remercier Macron et son gouvernement », rappelant que cette catastrophe sociale est une des « conséquences désastreuses des lois en vigueur, permettant des montages financiers destructeurs pour l’emploi mais protecteurs du capital ». Il était bon de le rappeler.

L’hôtel du Palais, un des établissements de grand standing de la côte basque, est éclaboussé par un scandale sexuel qui a contraint son chef étoilé, Aurélien Largeau, à quitter l’établissement en catastrophe à la veille de Noël. En sa présence, dans les cuisines, un jeune commis avait subi un bizutage en règle. Il avait été attaché nu sur une chaise avec une pomme dans la bouche et une carotte dans les fesses. Des photos et des vidéos avaient ensuite été partagées sur les réseaux sociaux. Le groupe hôtelier Hyatt, qui exploite l’établissement, il a aussitôt fait supprimer les vidées et photos compromettantes en intimant l’ordre au personnel de se taire et de ne pas répondre aux questions des journalistes. Cela n’a pas suffi. L’affaire est devenue publique et a conduit le parquet de Bayonne à ouvrir une enquête pour agression sexuelle et violence. Quant au commis victime de ce fait divers sordide il a dû quitter son poste. Sans doute briefé par Hyatt, il a tenté de minimiser les faits en parlant d’une simple « plaisanterie ». Doux euphémisme pour une agression sexuelle.

La présidente (Les Républicains) de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, vient de faire un don de 125 000 euros à l’ONG israélienne Latet (« donner » en hébreu) pour aider la population juive d’Israël qui souffre de la guerre actuelle. Pour que les choses soient bien claires, ce don a transité, en toute laïcité, par une organisation communautaire, le Fonds social juif unifié. Pécresse a tenu à souligner que ce geste avait été rendu possible « grâce à la mobilisation des équipes diplomatiques, consulaires, économiques et culturelle de la France en Israël ». Un geste vivement applaudi par l’ambassade d’Israël à Paris. Quant aux Palestiniens, dont les pertes sont au moins vingt fois plus importantes que celles enregistrées par les Israéliens, ils pourront attendre encore longtemps une telle sollicitude. Rappelons que la même Pécresse avait, le 10 décembre dernier, retiré le prix Simone Weil (décerné par sa Région) à la journaliste et essayiste Zineb El Rhazaoui pour avoir manifesté son soutien aux Palestiniens. La boucle est bouclée.