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Brèves

L’actualité en bref

Interrogé par la chaîne de télévision américaine CBS News, Benyamin Netanyahou a exprimé à la télévision américaine des « regrets » concernant l’échec de son armée à réduire le nombre de victimes collatérales palestiniennes à Gaza. Rappelons que le dernier bilan fait état de 12 000 personnes – dont 5 000 enfants et 3 300 femmes – tuées par l’armée israélienne depuis le 7 octobre. Pendant le même temps, en Cisjordanie, environ 200 Palestiniens ont été massacrés par des colons et des soldats. Ce qui n’empêche pas le Premier ministre israélien de déclarer benoîtement : « Je peux également dire que nous tenterons d’atteindre cet objectif de faire un minimum de victimes civiles. C’est ce que nous nous efforçons de faire : un nombre minimum de victimes civiles. Malheureusement, nos efforts ne sont pas couronnés de succès. » La faute à qui ? Aux Palestiniens bien sûr qui sciemment se tiennent dans leurs maisons et leurs hôpitaux bombardés par l’artillerie et l’aviation sionistes, se jettent sous les balles des tireurs d’élite et s’obstinent à crever de faim, de soif et de manque de soins, tout ça pour nuire à Netanyahou. Il existe pourtant une façon simple d’arrêter de faire des victimes civiles : que l’armée israélienne se retire de Gaza et arrête ses bombardements.

Alors que des milliers de personnes ont participé à une marche sur Jérusalem pour réclamer la libération des otages, des centaines d’autres se sont rassemblées samedi à Tel Aviv pour appeler à un cessez-le-feu immédiat et à la fin de la guerre entre le Hamas et Israël. La manifestation était organisée par le « Front démocratique pour l’égalité et la paix ». Sur les pancartes brandies par les manifestants, on pouvait lire : « Il n’y a pas de gagnants dans la guerre » « Arrêtez la guerre, la paix est la seule solution » « Non à l’occupation et au blocus, oui à la paix », « Bombarder les hôpitaux, priver d’eau et de nourriture, massacrer les enfants, ce n’est pas de l’auto-défense ». Prenant la parole, la députée communiste arabe israélienne Aïda Touma Suleiman a déclaré : « Dès le premier jour, nous avons dit que nous nous opposions aux atrocités et aux crimes commis [par le Hamas] contre les civils, et lorsque des civils de Gaza mourront des suites des bombardements, nous condamnerons également ces crimes » et elle a ajouté qu’elle était favorable à un accord prévoyant la libération de tous les otages israéliens en échange des prisonniers politiques palestiniens illégalement détenus en Israël. La police avait limité le nombre de manifestants à 700 et a confisqué un drapeau palestinien brandi dans la foule.

Dans le cadre de la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions, des militants pro-palestiniens ont mené des actions de sensibilisation devant les magasins Optical Center à Vénissieux et à Saint-Priest, dans le Rhône. Ils tenaient à protester contre la décision du PDG de l’entreprise, Laurent Lévy, d’envoyer gratuitement des lunettes et des lentilles aux soldats israéliens postés à Gaza. Il faut dire que Lévy, unique actionnaire de cette société, première enseigne du pays en optique et audition, est un sioniste d’extrême droite qui partage la vision du « grand Israël », débarrassé de la population palestinienne. Il a notamment déclaré : « Deux mille ans, nous avons été absents [de Palestine], nous voici dans tout le pays, et Tel Aviv, Jérusalem, Hébron, c’est la même chose. » Preuve que l’on peut être expert en lunettes et porter des œillères, et vendre des prothèses auditives en étant sourd à la tragédie d’un peuple.

Emmanuel Macron avait convié les dirigeants des principaux partis politiques à se retrouver vendredi dernier à Saint-Denis, près de Paris, en leur promettant « une initiative de grande ampleur » afin de « dépasser les clivages dans l’intérêt du pays ». Une première rencontre de ce type avait déjà eu lieu le 31 août dernier sans aucun résultat, sauf à faire la communication de la présidence. Et cette fois-ci rebelote : la montagne a accouché d’une souris. Il y a eu un large consensus autour de la table (à l’exception du Rassemblement national) pour estimer que la tenue d’un référendum sur l’immigration n’était pas souhaitable. Tout ça pour ça. À gauche, la France insoumise et le Parti socialiste avaient refusé de venir. Ce qui n’était pas le cas d’EELV et du PCF. Pour les premiers Marie Tondelier a tenu à dire qu’elle n’était pas dupe de la manœuvre présidentielle, mais elle est venue quand même. Mais le plus enthousiaste semble avoir été Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, qui s’est réjoui de telles initiatives. Une façon comme une autre pour lui de se démarquer des autres dirigeants de la Nupes, sur leur droite comme d’habitude.

L’artiste Alexandra Skotchilenko, 33 ans, a été condamnée à sept ans de prison. Elle était accusée d’avoir remplacé le 31 mars 2022, dans un supermarché de Saint-Pétersbourg, les prix des produits par de petites étiquettes en papier sur lesquelles on pouvait lire : « L’armée russe a bombardé une école d’art à Marioupol où environ 400 personnes se cachaient pour se protéger des bombardements » et d’autres textes comme « Poutine nous ment depuis 20 ans », ou encore : « La conséquence de ces mensonges est que nous sommes prêts à justifier une guerre et des morts insensées. » Elle sera arrêtée chez elle quelques jours plus tard. Le jugement à son encontre précise qu’elle va être envoyée dans une colonie pénitentiaire malgré le fait qu’elle souffre d’une maladie intestinale et d’un problème cardiaque. Face à ses juges elle a déclaré : « Les personnes qui m’accusent ont le pouvoir et l’argent, mais j’ai incommensurablement plus : la gentillesse, l’empathie, l’amour véritable et l’immense soutien de personnes du monde entier. » Amnesty International a lancé une campagne internationale pour obtenir sa libération.

Huit députés ont été contraints de démissionner du cabinet fantôme travailliste pour avoir voté à la Chambre des communes, avec 56 de leurs collègues sur 198, une résolution demandant « un cessez-le-feu » à Gaza. Cela a provoqué l’ire du leader du parti et chef de l’opposition, Keir Starmer, complètement aligné sur la ligne du gouvernement conservateur – fidèle soutien de Netanyahou – qui ne demande que « des pauses humanitaires ». Jusqu’alors il était difficile de voir ce qui distinguait le Labour Party, qui a de fortes chances de revenir aux affaires l’an prochain, des Tories sur le plan intérieur, mais il en va de même sur le plan international.

Cinquante militaires espagnols à la retraite ont publié un manifeste pour réclamer le limogeage du Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, réélu récemment à la tête du gouvernement. Ils lui reprochent notamment d’avoir conclu un accord électoral avec les nationalistes catalans, ce qui, selon eux, constitue une « trahison » et une atteinte intolérable à l’unité de l’Espagne. Les signataires, dont les noms n’ont pas été rendus publics, sont des membres de l’Association des officiers militaires espagnols qui, en 2018, avait promu un manifeste justifiant la tentative de coup d’État militaire du 18 juillet 1936 contre le gouvernement du Front populaire qui avait déclenché la guerre civile. On ne se refait pas…

Créée le 23 janvier 2021, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants vient de rendre son premier rapport. Il est éloquent. Selon elle une personne sur dix a été victime de violences sexuelles dans son enfance. Cela concerne 5,4 millions de femmes et d’hommes adultes. Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, notamment d’inceste. La famille est le premier espace concerné : 81 % des agresseurs sont de l’entourage proche, 11 % au sein d’une institution, et 8 % au sein de l’espace public. Les auteurs de ces violences sont des hommes dans leur immense majorité, d’abord les pères (27 %), les frères (19 %), les oncles (13 %), les amis des parents (8 %) ou les voisins de la famille (5 %). Ces chiffres sont sans doute sous-estimés, puisque seules 13 % des victimes dénoncent les violences au moment des faits. Et si la Commission préconise une série de mesure pour mieux dépister, prendre en compte et rendre justice aux victimes de l’inceste, il n’empêche que l’étendue du phénomène est, d’abord et avant tout, lié à une société malade du machisme et du sexisme, y compris, et surtout pourrait-on dire, au sein de la famille.

Largement ignorée du grand public s’est tenue à Paris du 14 au 17 novembre une manifestation qui a réuni 1 000 exposants, reçu plus de 30 000 visiteurs et a accueilli plus de 150 délégations officielles. Il s’agit du Milipol (pour militaire-police) un salon un peu particulier puisqu’il présente le matériel dernier cri en matière de maintien de l’ordre. Autant dire que hauts gradés de la police, de l’armée et d’autres forces de répression, publiques et privées, se bousculaient dans les allées. Clou de la manifestation : une nouvelle génération de lanceurs de balles de défense (LBD) présentée par la firme belge FN Herstall. Ils seraient plus précis et plus « intelligents » que ceux actuellement utilisés contre les manifestants. À cette occasion le site violencespolicieres.fr a rappelé que, depuis 2018, 628 personnes avaient été blessées par des LBD et que 29 avaient perdu l’usage d’un œil. Et sûr qu’avec ce nouveau matériel les forces de l’ordre vont se surpasser.