Les dépenses des puissances nucléaires pour le développement et l’entretien de leurs arsenaux ont atteint presque 120 milliards de dollars en 2025. À eux seuls, les États-Unis représentent plus de la moitié de cette somme, avec 70 milliards et 20 % d’augmentation par rapport à 2024.
La France est loin derrière, mais son arsenal est loin d’être négligeable. Sa puissance de feu équivaut à 2 733 Hiroshima. Dans son discours de l’île Longue de mars dernier, Macron a fait légèrement évoluer la doctrine nucléaire du pays. Alors que, depuis la fin de la guerre froide, l’arsenal tendait à se rétrécir, il a annoncé qu’il fallait plus d’armes et des armes plus meurtrières encore pour pouvoir couvrir un périmètre plus large, la France devant occuper le terrain européen que la puissance américaine délaisse.
Deux gros projets sont actuellement en voie de développement : les missiles air-sol de quatrième génération, avec une portée et une vitesse plus importante, et une troisième génération de sous-marins nucléaires. Pour les mener à terme, l’impérialisme français peut compter sur tout un écosystème industriel que coiffe une poignée de grands groupes, spécialistes internationaux de la mort, dont Airbus, qui a des parts dans le missilier MDBA et dans ArianeGroup qui développe le missile mer-sol M51, et la famille Dassault qui apparaît au capital de Thales et de Naval Group, le constructeur des sous-marins. Ces groupes ont généré plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en lien avec le nucléaire en 2025 : la dissuasion comme la guerre sont des affaires rentables.
Bastien Thomas