Alors que la colère de la population contre la vie chère ne faiblit pas, qu’un couvre-feu a été instauré et les manifestations interdites, le ministère de l’Intérieur a annoncé le déploiement sur l’île de la huitième Compagnie républicaine de sécurité (CRS). Cette unité, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, avait déjà été déployée en avril 2023 à Mayotte dans le cadre de l’opération lancée contre les migrants venus des Comores. Mais aujourd’hui cette décision rappelle à la population martiniquaise son lourd passif à l’encontre des CRS. La dernière fois qu’ils étaient intervenus, lors de mouvements populaires en décembre 1959, leurs actions s’étaient traduites par la mort de trois jeunes manifestants. La brutalité policière avait été dénoncée par une bonne partie de la classe politique locale qui avait demandé, et obtenu, leur retrait immédiat de l’île. Une mesure respectée jusqu’à aujourd’hui. Leur retour signe l’escalade de la répression coloniale choisie par le gouvernement.