Nos vies valent plus que leurs profits

En pleine sécheresse, une nouvelle fleur à l’agrobusiness ?

Alors que le pays sort à peine de son troisième épisode caniculaire, le projet de loi sur l’urgence agricole revient en discussion à l’Assemblée nationale. Outre la réintroduction de deux pesticides, il prévoit de faciliter de nouvelles dispositions sur l’eau et son stockage favorables à l’agriculture industrielle. La présence des gros agriculteurs serait renforcée dans les instances de gestion de la ressource hydraulique, au détriment de ceux de l’État. De plus la mesure la plus décriée concerne l’objectif de doublement des volumes de stockage d’eau à des fins agricoles d’ici 2035 qui atteindraient un volume proche de 30 milliards de m³ faisant craindre l’assèchement de la ressource. Comme le souligne la députée insoumise Aurélie Trouvé, ingénieure agronome de formation, ces stockages ne bénéficieront qu’à « une toute petite minorité d’agriculteurs, qui n’irriguent aujourd’hui que 7 % des surfaces et dont la plupart sont du maïs d’exportation.». Et, dans le même temps, les pouvoirs publics, toute honte bue, demandent à la population  de « faire preuve de sobriété » dans l’utilisation de l’eau. Du foutage de gueule…