Sans doute par peur qu’on l’oublie, après son départ sans gloire de Matignon et la perte de la mairie de Pau aux dernières élections municipales, François Bayrou a proposé dans les colonnes du Figaro une idée parait-il « radicale » pour éviter un duel Mélenchon-Le Pen à la prochaine présidentielle. Pour cela il faut et il suffit d’organiser une grande primaire, de « tous ceux qui rejettent les extrêmes » et qui rassemblerait « tous les candidats démocrates réformistes » allant « du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu’aux gaullistes ». Vaste chantier lorsqu’on sait qu’il y a déjà plus d’une vingtaine de candidats potentiels sur le créneau. Mais surtout Bayrou ne dit pas un mot du programme que pourrait défendre un tel candidat. Et pour cause. Il est bien placé pour savoir que quelques soient les propositions mises en avant par les uns et les autres pour attirer l’électorat, au final, une fois à l’Élysée, le vainqueur de la compétition appliquera scrupuleusement le programme que lui imposera la bourgeoisie. Et cela vaut aussi pour Mélenchon et Le Pen. Tout le reste n’est là que pour amuser le bon peuple.