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Rouen : Nicolas Mayer-Rossignol essaye de gagner la course sécuritaire

À Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de la ville et ex-prétendant à la tête du PS au niveau national, s’est pavané devant un nouveau chantier au cœur du quartier Saint-Sever où un commissariat de police municipal va remplacer un salon de coiffure. C’est dans la continuité des politiques de la municipalité PS-EELV-PCF qui sélectionne depuis quelques années dans ce quartier populaire de la rive gauche les commerces qui pourront ou non s’implanter. On empêche l’ouverture de barbiers et de salons de beauté pour favoriser les petits restaurants bistronomiques et les commerces de bouche « traditionnels ». La stratégie de gentrification du quartier cherche en fait à le rendre attractif pour la population ciblée à l’occasion du réaménagement urbain d’envergure lié au chantier de construction de la nouvelle gare de Rouen à l’extrémité du quartier, côté Seine : plus d’employés de bureaux, de cadres, de classes moyennes… et moins de pauvres et d’immigrés.

Dans la vidéo de présentation de son nouveau projet, Mayer-Rossignol se vante de faire embaucher six policiers et d’avoir fait tripler le nombre de caméras. Il nous ferait presque rire lorsqu’il supplie l’État d’en faire embaucher une centaine de plus sur l’agglomération, ce qu’il définit comme un besoin absolu ! Dans une autre vidéo, quelques jours plus tard, il se félicite de sa politique de rénovation des écoles rouennaises, en affirmant qu’ouvrir des écoles permet de fermer des prisons. Certes. Mais en attendant, pas de déclaration émue de sa part au sujet de la « la moisissure (qui) ronge les murs des cellules » de la prison Bonne-Nouvelle selon les syndicats pénitentiaires.

En cas de défaite aux élections municipales de 2026 contre les réactionnaires dont il s’inspire pour sa politique sécuritaire, Mayer-Rossignol pourra peut-être envisager une reconversion dans la mise en scène ?

Jimmy Vasseur