« Pour être libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. » C’est par cette réplique digne d’un méchant de très mauvais film que Macron a ouvert son discours sur la dissuasion nucléaire sur la base navale de l’île Longue, après s’être mis en scène volant dans son jet Falcon escorté de quatre chasseurs Rafale. Le but de ce discours était d’expliquer que nous serions entrés dans un « nouvel âge d’armes nucléaires », qui nécessiterait de mettre en place une « dissuasion nucléaire avancée ». En clair, il s’agit d’encore augmenter le nombre d’engins de mort et de destruction dont dispose la France impérialiste. D’ici 2036, un nouveau sous-marin nucléaire au nom là encore pompeux, L’Invincible, devrait être construit, à la puissance nucléaire de 1000 fois celle de la bombe d’Hiroshima. (150 000 morts, 70 000 personnes vaporisées en quelques secondes : nous voilà rassurés pour ce qui est de la « sécurité » et de la « stabilité » !)
D’ailleurs, Macron a annoncé qu’aucun chiffre ne serait plus communiqué sur le nombre de têtes nucléaires dont dispose l’État français, et a rappelé qu’il était le seul, en-dehors de tout contrôle parlementaire, à pouvoir appuyer sur le bouton rouge, et qu’il n’hésiterait pas à le faire. Nous voilà deux fois rassurés !
Le cœur de cette nouvelle « dissuasion nucléaire avancée » est que des « éléments de cette force stratégique », c’est-à-dire des bombes nucléaires, pourraient être déployés dans les pays alliés. Une manière pour Macron de chercher à imposer le leadership de l’impérialisme français dans cette « défense européenne » qui a tant de mal à voir le jour, alors que l’agressivité tous azimuts de l’impérialisme américain met à mal les puissances du Vieux continent. Huit pays européens ont d’ores et déjà accepté de rejoindre cette dissuasion soi-disant avancée : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark.
Une inflation des engins de mort et leur dispersion sur l’ensemble du continent européen et au-delà, voilà ce que nous préparent les dirigeants impérialistes avec leur « défense européenne ».
Aurélien Pérenna