
Jeudi 19 février, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a publié un décret autorisant « à titre expérimental » les agents de sûreté SNCF et RATP à être équipés de tasers pour une durée de trois ans. Ces armes seraient « une réponse proportionnée » face aux violences.
Un des buts affichés est donc de « réduire le recours aux armes à feu », en incitant à utiliser ces armes dites « non létales ». Mais les forces de l’ordre ont déjà tué en faisant l’usage de taser, comme Kyllian Samathi, un homme de 30 ans mort en janvier 2024. L’expérience prouve que les coups de taser et autres flashball s’ajoutent à l’usage des armes de poing sans les remplacer.
Les entreprises du transport (dont la SNCF ou la RATP), qu’elles soient à moitié publiques ou à moitié privées, pratiquent la gestion capitaliste en vue de dégager des profits. La qualité de service en pâtit : les billets sont de plus en plus chers et les seuls salariés avec lesquels il est possible d’interagir dans les transports bondés sont des contrôleurs, sous pression d’objectifs chiffrés. Cela favorise un climat de tension aussi bien pour les usagers que pour les travailleurs du transport qui sont en première ligne.
Récemment, la direction de la SNCF a proposé aux agents de contrôle une caméra-piéton, en utilisant les mêmes arguments sécuritaires. Transformer les agents de contrôle en flics ne va pas apaiser les relations dans les transports. Par contre, la gratuité et des embauches pour améliorer le service aux usagers et les conditions de travail des agents seraient un premier pas dans ce sens.
Julie Devrim