
Après Elephant qui décrivait la tuerie de l’école Columbine, Gus Van Sant se penche de nouveau sur les origines de la violence individuelle aux États-Unis avec La corde au cou.
Le film raconte l’histoire vraie d’un petit investisseur rêvant de construire un centre commercial dans les années 1970 près d’Indianapolis. Roulé dans la farine par son banquier hypothécaire, il décide de se venger et finit par kidnapper le fils de celui-ci, qui travaille aussi dans cette banque.
Autour, se déploient un dispositif policier bienveillant (le preneur d’otages étant un habitué des bars de policiers et… blanc de peau), un dispositif médiatique sensationnaliste et une médiation d’une coolitude absolue (par un animateur radio très 70’s).
Mais c’est la violence de la société américaine qui ressurgit tout au long du film et explique le geste du forcené. Violence symbolique (avec le passage de John Wayne à la télé), mais surtout violence des rapports sociaux, incarnée par le père banquier (Al Pacino). On notera que le titre original (Dead man’s wire : Le fil de fer de l’homme mort) rend plus hommage que le titre français au mécanisme ingénieux du preneur d’otages pour parvenir à ses fins. C’est aussi le nom anglais des dispositifs « homme mort » censés protéger les travailleurs isolés… Un bon résumé de la faiblesse des moyens individuels pour face à la brutalité du capitalisme.
Lucien Massa