
Lilia, jeune ingénieure en France, revient à Sousse en Tunisie, pour les obsèques de son oncle, décédé soudainement. Elle y retrouve sa famille : sa grand-mère, sa mère, sa tante, et comprend que le décès de son oncle s’est produit dans des circonstances troubles auxquelles son homosexualité, largement connue mais tue, n’est pas étrangère. Lilia veut comprendre ce qui s’est passé, d’autant qu’elle-même vit avec une femme mais n’a toujours pas trouvé le courage de le dire à sa mère.
Pas de révélation fracassante ou de grande scène dramatique dans ce film, tout est dans les regards, le non-dit, feutré, à l’image de la situation des homosexuels dans le pays. Un article du Code pénal tunisien punit de peine de prison les relations homosexuelles, ce qui n’empêche bien sûr pas de nombreuses personnes de l’être. Leur entourage n’est pas toujours dupe mais ce qui compte c’est de ne pas attirer l’attention, de ne pas provoquer de scandale. Une hypocrisie étouffante règne sur toutes les couches de la société.
Mais les différences sociales sont présentes sur ce terrain aussi : la famille bourgeoise de Lilia, composée de notables, est traitée avec bien plus d’égards par la police et les autorités en général que les jeunes de milieux populaires.
Un film sensible et fin, aux personnages attachants, très bien interprétés notamment par Eya Bouteraa, une jeune actrice et Hiam Abbass, actrice plus expérimentée, d’origine palestinienne. À voir.
Liliane Laffargue