Nos vies valent plus que leurs profits

À Rouen, le collectif des MNA est toujours là !

Après plus d’un an d’organisation et de luttes, le collectif des jeunes mineurs et majeurs isolés de Rouen a décidé de lancer une nouvelle série d’initiatives de mobilisation afin de remettre en lumière l’impasse dans laquelle les enferment le rectorat de Normandie et l’aide sociale à l’enfance (ASE) du département de Seine-Maritime.

La présomption de minorité ayant disparu au fil des années, en raison des politiques racistes et austéritaires, il leur faut batailler durant des mois de procédures juridiques pour espérer obtenir leur prise en charge par l’ASE. Ils sont alors privés de scolarisation, en dépit de toutes les conventions internationales signées par l’État français et perdent des mois, des années parfois, d’un temps précieux pour leur cursus scolaire.

Depuis plusieurs mois, tous les rendez-vous avec le centre d’évaluation pour les élèves allophones (Casnav), qui permettent de jauger le niveau scolaire de ces jeunes, venus pour la plupart de pays d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du Sud, sont gelés, alors même que la défenseure des droits juge cette pratique illégale.

Une réunion publique a rassemblé plus d’une centaine de soutiens le 11 février, un vrai succès. Il y a été annoncé un rassemblement devant le rectorat de Rouen le 11 mars prochain, à 15 heures, pour rappeler à la rectrice ses obligations. Cette réunion publique a aussi été l’occasion d’interpeller le maire PS, Nicolas Mayer-Rossignol, en campagne pour sa réélection, venu claironner que la municipalité hébergeait sur ses fonds propres depuis six mois une vingtaine de mineurs non accompagnés (MNA) à l’hôtel, mais sans préciser que cela avait été arraché par la lutte, et surtout sans s’engager sur l’après mois de mars.

Il sera évidemment inacceptable, pour le collectif comme pour tous ses soutiens, que ces jeunes se retrouvent de nouveau à la rue… quel que soit le résultat des municipales.

Correspondante