Nos vies valent plus que leurs profits

La classe et la fonction — de Marina Alves

La classe et la fonction, de Marina Alves
Éd. Chandeigne et Lima, 2026, 112 p., 18 €

Ce court roman décrit la vie d’une famille de domestiques d’origine portugaise dans un immeuble cossu du 16e arrondissement de Paris. Une jeune fille grandit dans une chambre de bonne exiguë. Elle décrit avec des mots simples la violence qu’elle ressent, celle des rapports de classe. Les patrons ne sont jamais décrits ou nommés autrement que par l’épithète « Les autres ». Deux mondes irréconciliables se confrontent et se côtoient de près. Difficile d’avoir un espace pour soi dans ces conditions. La narratrice est ramenée sans cesse à son statut social ou à son origine. Avoir quitté le Portugal pour aller vivre une vie meilleure en France n’empêche pas sa famille d’être bloquée dans le même métier de génération en génération. L’autrice nous offre un tableau poignant (et révoltant !) de la condition des domestiques. Le style concis et très clair est un des atouts du roman.

Robin Klimt